Education : comment s’y prendre avec un enfant autiste ?

NathalieR

C’est Nathalie, autiste asperger et maman d’une jeune fille autiste de 16 ans non-asperger qui nous dévoile sa méthode pour bien éduquer sa fille.

Rendre un enfant autonome c’est pas pour « soi » seulement qu’on le fait, mais que c’est pour LUI, que c’est LUI qui va devoir vivre sa vie une fois adulte, qu’on ne sera pas toujours là pour lui servir de guide ou d’assistant….bref, nos enfants ne sont pas le prolongement de nous mêmes et contrairement à ce que disent beaucoup de psychanalystes, ce n’est pas être une mauvaise mère (ou un mauvais père) de dire à son enfant « débrouille toi ! »

L’autonomie, oui, mais pas n’importe comment….

Bien sur, ce n’est pas après avoir passé 18 ans à tout lui céder et tout faire à sa place qu’on se réveille un jour en lui disant « bon, maintenant, je me suis assez occupé(e) de toi, tu te démerdes ! »

L’autonomie ça se prépare dès le plus jeune âge.

À Partir de 3 ans, déjà, un enfant est capable de comprendre qu’il y a des boîtes qui servent à ranger les choses. Certaines boîtes sont déjà prévues pour les jeux de société, inutile, donc, de ranger ces boîtes dans d’autres boîtes…à moins que vous n’ayez une passion pour les poupées gigognes ou pour embêter votre enfant au maximum (n’oubliez pas sa motricité n’est pas encore totalement acquise)…on doit ranger selon une certaine logique mais avec simplicité, lui montrer, au début on rangera plus de choses qu’il n’en rangera, mais lui apprendre à le faire, c’est déjà un début. On l’aide, on guide ses mains, on lui montre qu’il y a une logique à notre organisation, que les boîtes bleues, par exemple, c’est pour les légos, les boîtes rouges, pour les playmobils, etc. On dédiera un code couleur ou un type de boîtes reconnaissables, ou carrément transparentes pour que l’enfant puisse voir au premier coup d’œil où sont rangées les choses, sans qu’il ait à se torturer des heures durant et tout mélanger. Et surtout, gardez au maximum le même enchaînement et le même type d’organisation. Ne changez pas d’un coup (à moins que vous n’ayez constaté que cette façon là ne lui convient pas du tout).

Un parent d’enfant autiste doit être FIABLE et cohérent !

Non seulement, il pourra ainsi avoir une habitude de ranger les choses selon un ordre logique, mais il prendra du plaisir à vous voir content(e) de lui/elle.

Surtout, on n’hésite pas à les féliciter, à leur montrer combien nous sommes fier(e)s d’eux et on le montre sincèrement. Car d’une part, cela les valorise et ils sont moins enclins à faire des bêtises, à tout jeter partout et en plus, de devoir ranger ce qu’ils dérangent, ils réfléchissent à 2 fois avant d’en coller partout.

Je me souviens, ma fille, lorsqu’elle était petite, elle a été non verbale jusqu’à au moins 4 ans, voire plus. Mais progressivement elle s’est mise à parler, mais les bêtises, alors là, elle n’était pas du tout en retard pour ça ! Alors qu’on l’a diagnostiquée tardivement un Trouble Envahissant du Développement (TED) non spécifié, c’est à dire un autisme atypique à l’âge de 8 ans, elle a fait beaucoup de bêtises.

Le caca sur les murs, sur elle, sur les meubles, sur les poupées, etc, le dentifrice, tout ce qu’elle trouvait y passait et j’avais droit à un tartinage intensif du matin au soir, tous les jours. Je devais me réveiller avant elle et scanner la pièce pour repérer ce qui servirait de projectile ou d’arme tartinante entre ses mains.

Et pas question que je la laisse même une minute sans la mettre dans son siège sanglée devant un dessin animé pour aller prendre ma douche ou aller aux toilettes. Pas question non plus de laisser quoi que ce soit à sa portée, donc tout devait être en hauteur ou fermé à clef, soit avec des cadenas, ou par un autre moyen, et tout le temps !

Ma filoute de fille avait l’œil, elle repérait les sorties dans les parcs et les squares et courait droit dessus pour s’échapper en riant aux éclats, donc il n’y avait jamais moyen de se reposer 30 secondes nulle part….j’étais la maman qui passait son temps à courir, ou la maman tortionnaire qui ne lâchait pas la main de son petit gremlins qui se mettait en danger. Impossible jusqu’à ce qu’elle entre au SESSAD et commence la prise en charge comportementale (à 7 ans et demi) de la laisser nulle part se mettre en danger.

Après 6 mois de prise en charge avec son éducatrice, on pouvait faire les courses sans que je sois obligée de la tenir bien fortement…voire maintenant, à 16 ans, c’est ELLE qui ne me lâche pas et lorsque je lui fais la remarque elle me dit « c’est pour pas que tu t’envoles ! » Elle a non seulement gagné en autonomie mais en sens de l’humour !

On doit donc commencer très tôt à les responsabiliser, mais pas n’importe comment. Les faire ranger leur chambre en leur disant « range ta chambre » ça n’a pas de sens, surtout chez un enfant autiste. C’est un ordre trop vague, car pour lui sa chambre sera rangée, alors que pour vous, vous aurez l’impression qu’il y a eu une bombe qui est tombée dans sa chambre. Et il vous dira qu’il ne voit pas où est le problème (quand il saura parler et le dire), ou alors il vous lancera un regard en levant les yeux au ciel…d’ailleurs c’est quoi l’ORDRE, c’est quoi RANGER ?

Donc, il faut lui dire EXACTEMENT ce que vous attendez de lui/elle.

Au début, on les aide, on guide leur main, puis, de plus en plus, on prend de la distance, on leur laisse plus de choses à ranger et on leur explique comment et si les boîtes ne sont pas transparentes, on colle des photos des objets qui doivent figurer dans telle boîte ou telle autre. Ainsi, il ne devra pas fouiller des heures pour retrouver ce qu’il cherche. Et oui, c’est fatiguant d’être parent ! On doit TOUT expliquer !

Si on a l’impression que ça ne marche pas, c’est qu’on a peut être été trop vite pour lui, qu’on a sauté une étape qui lui était nécessaire, alors il faut reprendre là où on a l’impression qu’il manque un élément pour mieux comprendre. Tout ne peut pas être de la mauvaise volonté ou la « faute à l’autisme » ! Ce sont des enfants avant tout et les enfants autistes comme les autres sont capables de filouteries, d’exagérer l’incompréhension, mais il faut s’assurer que c’est du « cinéma »….et demander ce qu’il a compris de ce qu’on attendait de lui.

Par exemple : « Dans quelle boîte tu dois ranger tes playmobils ? »….s’il hésite, s’il a l’air décontenancé par la question, pensez que vous avez peut être mal étiqueté, ou mal expliqué que les playmobils ont leur boîte…etc. Au lieu de penser de suite « il est débile » ou « il joue au con ! » ….si au contraire il sait et vous le montre….dites lui « alors, qu’est ce que tu attends pour le faire ? »

Le développement du langage

S’il est verbal, il vous répondra…s’il n’est pas verbal, il trouvera un autre moyen pour le faire….mais j’y pense….si vous avez un enfant non verbal, avez vous pensé qu’à part le PECS qui est un moyen assez réduit pour « communiquer », le langage des signes pourrait au contraire lui permettre de vraiment communiquer ?!

Il ne suffit pas de dire « mais il ne parlera jamais, ça ne sert à rien d’investir des moyens de le rendre autonome, puisqu’il ne le sera jamais ! »…. au contraire, on peut lui permettre d’apprendre à communiquer par signes, d’ailleurs, une fois qu’il pourra vraiment parler (il ne faut pas perdre espoir, il peut un jour parler, même s’il ne dit pas beaucoup de mots, mais au moins le langage des signes lui permettra de ne pas dépenser une énergie trop importante, qui le fera renoncer avant de commencer), il peut progresser et même s’il ne sera pas indépendant, il peut être autonome, à sa juste mesure. Et il ne faut pas le priver de ces petites victoires. Car pour lui c’est important et lui aussi a le droit à développer son estime de lui.

Votre enfant n’est pas responsable d’être né comme il est, en revanche, vous, vous avez pris la responsabilité de le mettre au monde et vous avez donc la responsabilité de lui donner un maximum d’outils pour lui permettre un jour de pouvoir se passer de vous (non pas qu’on oublie ses parents, mais nos enfants deviennent adultes un jour et nous « autre chose » que des éducateurs et plus tôt on s’y met, plus tôt les bénéfices de la mise en place de l’autonomie porte ses fruits).

 

Lui donner progressivement des « missions » pour qu’il se sente « grand » et qu’il n’ait plus la motivation de faire des bêtises…et s’il en fait, lui faire réparer les bêtises.

Je vous l’ai dit, avec Océane, tout y passait, jusqu’au jour où j’ai croisé une dame âgée dans l’immeuble et me voyant épuisée, triste, elle m’a dit « il faut lui faire nettoyer son caca….tu verras, ça lui passera après l’envie d’en coller partout »…sitôt dit sitôt mis en place….au premier caca, j’attendais avec impatience qu’elle le refasse, j’étais là avec ma petite bassine, l’éponge rose (oui j’avais choisi une jolie éponge pour la motiver) et le produit détergeant bio…et au moment où elle m’a fait l’ultime tardinade…je lui ai d’abord expliqué que c’est dégoûtant, que ça sentait mauvais et qu’on se moquerait d’elle si elle faisait ça ailleurs. Puis, je lui ai pris sa petite main, et je lui ai fait saisir l’éponge, et avec l’eau mousseuse, je lui ai fait faire les gestes qu’il convenait de faire et j’ai guidé chacun de ses gestes jusqu’à que ce soit propre. Elle l’a refait peut être deux ou trois fois encore mais je n’ai pas cédé, sans émotion, sans m’énerver, je l’ai mise à contribution et la dernière fois je lui ai même fait faire seule. Elle devait avoir 6 ans environ. Et après, plus jamais elle ne l’a refait. Surtout, que moi je venais faire l’inspectrice des travaux finis et je notais l’endroit où ça nécessitait un peu plus d’application. Je ne me suis pas contentée d’un travail bâclé ! Et j’ai tenu bon devant les supplications et les larmes ! (oh la vilaine maman!)

Eh oui…les psychanalystes crieraient au sadisme de la mère toute puissante là ! Mais pourtant, ma fille a progressé grâce à mon « sadisme ». J’ai compris que ça ne servait à rien que je recherche à être populaire auprès de ma fille, car plus j’essayais d’être une maman généreuse, gentille, lui passant tout, souriant même lorsque ça n’allait pas…elle voulait que je lui mette des limites et j’ai compris qu’éduquer un enfant c’est pas être son copain/sa copine. Et que mettre des limites et être sévère (mais juste) ça n’exclut pas d’avoir une bonne complicité par ailleurs.

Alors certes, c’est jamais agréable d’entendre son enfant nous crier qu’on est la pire des mères ou qu’on est méchante, sadique (si si, ma fille me l’a dit!)…qu’on est vilaine, moche, etc…d’ailleurs, lorsqu’elle revenait à de meilleurs sentiments, elle revenait me demander de lui faire plaisir, je lui disais « ah dommage, il n’y a que les reines de beauté qui peuvent te faire ce plaisir….vu que je suis moche…je doute de mes compétences ! »…tout d’un coup, je devenais la plus belle, la plus gentille, la plus mieux, la plus géniale des mamans ! J’en souris encore…rien que d’y penser.

D’ailleurs, beaucoup de mères et de pères se reconnaîtront et ne manqueront pas de sourire à ce passage.

 

Quand on sait récompenser les bonnes actions, ils savent anticiper pour obtenir une chose qu’il aimeraient obtenir.

Cela dit, il ne faut pas toujours « mettre la carotte au bout » comme on dit. Si au début on motive un peu avec du « matériel » pour leur donner l’envie de continuer, par la suite, il faut espacer les récompenses, pour que le simple plaisir de faire plaisir et de voir ses parents contents et fier(e)s de lui soit LA récompense !

On ne veut pas en faire des êtres sans cœur, ni des opportunistes, on veut leur transmettre des valeurs, donc si on ne veut pas un jour, lorsqu’ils seront adolescents (surtout), voir la main tendue en attente d’un billet, ou d’une autre forme de récompense matérielle avec un sourire limite figé, non réellement exprimé, et qu’on veut au contraire les entendre nous dire « maman, je t’ai rangé la vaisselle pour que tu sois contente et pas fatiguée » (ce que fait Océane maintenant)…on a davantage envie de leur faire plaisir, nous aussi et les emmener faire un tour au bord de la mer, ou une promenade quelque part, ou même faire les boutiques, pour les mamans shopping, ou autre petit plaisir, sans se ruiner non plus. Une glace, ou une petite chose insignifiante doit être un plaisir. Ça ne doit pas être acquis, jamais. Réduisez les cadeaux de valeurs à des exceptions, au grand mérite. Il faut qu’ils apprennent la valeur des choses en gagnant ce droit. Ce n’est pas en leur disant le prix ou en leur donnant de l’argent de poche que ça va « rentrer ». Encore plus pour un autiste que pour un neurotypique. Il n’y a qu’en gagnant et en suant « sang et eau » qu’on apprend vraiment la valeur des choses et qu’on respecte ce qu’on a.

 

« Maman, j’ai des droits ! »

Combien de fois n’avons nous pas entendu cela ? Oui, des droits et aussi des obligations, il faut expliquer et faire un petit cours d’instruction civique, lorsque nous avons des enfants épris de « Justice » et surtout si on détecte une âme «syndicaliste » comme la mienne.

Donc, après avoir expliqué à mon enfant les obligations que j’avais, et quels étaient les petits plus dont elle devrait se passer si je ne me basais QUE sur mes obligations….et sur SES DROITS….elle a vite compris (même si elle n’est pas très matheuse, elle a vite additionné les privilèges non compris dans le forfait DROITS pour elle et OBLIGATIONS pour moi) qu’elle avait intérêt à faire profil bas, et qu’il valait mieux négocier avec « le patronat » plutôt que de lui balancer du vitriol en pleine face.

Quoi qu’il en soit….le respect de soi et l’autonomie c’est une chose qui valorise et qui ne peut faire QUE du bien ! Il faut croire en son enfant ! Quelque soit son point de départ !

Alors j’entends et je vois d’ici les réactions de certains parents « oui mais mon fils/ma fille n’est pas Asperger…. il n’est pas capable….il ne sera jamais autonome….c’est facile de dire ça…. »

Ben non, c’est pas facile. C’est même très dur pour moi d’imaginer un enfant non verbal dans une institution, sachant qu’il n’y fera rien , qui va contribuer à le rendre autonome, et même s’il y passait 40 heures à le devenir, est ce que ça lui servira vraiment un jour vu ce que la société lui propose ?

Eh bien c’est là qu’il faut montrer à cette société qu’elle n’emploie pas bien son argent, et qu’il faut justement travailler sur l’information de la population et non pas forcément taper sur les professionnels qui manquent cruellement de formation parce que la désinformation fait partie de la politique de ce pays, oui, il faut leur faire comprendre que nos enfants, TOUS nos enfants sont capables d’apprendre. Alors certes, pas au même rythme, tous les enfants n’ont pas les compétences dans tous les domaines, ni les mêmes aspirations surtout, ça ne veut pas dire que s’ils sont diagnostiqués une déficience intellectuelle (enfin, ça reste à prouver pour la majorité d’entre eux), ils ne pourront rien faire de leur vie. Et même si la majorité d’entre eux étaient réellement déficients, eux aussi on le droit d’accéder à l’apprentissage ! Parfois même, ceux dont on n’attend rien, comme c’était le cas pour ma fille, j’ai un document qui le prouve, on voulait la mettre en institution car on pensait que ma fille ne ferait jamais rien et ne serait même pas scolarisable !

Donc, avant d’écouter les soi disant professionnels qui, sous prétexte d’avoir fait tant d’années d’études, pensent en savoir plus sur votre enfant…demandez vous ce que vous pouvez déjà penser à mettre en place pour lui donner envie de partager des choses avec vous et avec cette société qui observe (pour la plupart encore) les autistes avec une certaine condescendance….

Quoi qu’il en soit, pour les aspergers, surtout si vous avez eu un diagnostic tardif, ne pensez pas que parce que vous avez eu un diagnostic, du jour au lendemain, il ne saura plus traverser la rue tout seul, ou prendre le bus tout seul, etc. Par contre, écoutez le vraiment. Ne pas utiliser les critères diagnostics énoncés pour lui opposer qu’il manque d’empathie, qu’il est inapte sur le plan social, etc. Non seulement ce n’est pas constructif, mais c’est DESTRUCTIF !

Ce sera peut être plus facile pour lui/elle de monter un dossier MDPH et de défendre ses droits que d’aller chercher un appartement dans les agences de location…il va avoir du mal à prendre RDV chez un médecin, ça ne veut pas dire qu’il ne pourra jamais le faire.

Il/elle pourra organiser sa vie, trier ses papiers, pointer son solde à la banque, faire ses comptes sur un logiciel de compta, il pourra faire ses courses, payer son loyer et même….il pourra avoir un(e) petit(e) ami(e), voire se marier et avoir des enfants…Il choisira la personne qui partagera sa vie, pas la peine de lui arranger des rencontres ou encore lui coller les étiquettes que le DSM ou la CIM lui collent déjà. Ses parents ne sont pas là pour se lamenter sur son sort…surtout, ne pas rendre sa vie plus tragique qu’elle ne l’est.

Etre autiste c’est pas être en phase terminale cancéreuse.Il y a des choses bien plus graves dans la vie. Alors, donnez lui les outils pour parvenir à faire les choses SEUL(E), ne faites pas les choses à sa place.

Si vous avez peur qu’il/elle ne sache pas faire tourner une machine, faites un petit truc tout simple, prenez en photo la machine, autant de fois que nécessaire, et ensuite, à coté de chaque image, pointer une flèche à l’aide d’un feutre sur le bouton à appuyer, étape par étape, bien lui rappeler qu’il vaut mieux vider ses poches AVANT de mettre le linge en machine, (donc l’écrire), lui rappeler qu’il vaut mieux trier le linge par codes couleurs pour éviter les transferts de couleurs, etc. Tout cela peut se prévoir. Ce n’est pas la fin du monde de rendre son enfant indépendant….

Quand les parents se mettent à vouloir jouer les pères Noël….empoisonnés !

Il vaut mieux également lui permettre d’abord de louer un appartement pour commencer, plutôt que de lui acheter un bien et de le mettre devant le fait accompli. Être propriétaire n’est pas chose facile déjà pour n’importe qui….mais pour un jeune (ou moins jeune) asperger qui n’a jamais vécu seul ou même en couple, le mettre dans un appartement dont il devra gérer (en principe, c’est bien pour ça qu’il doit apprendre à vivre seul) SEUL tous les tenants et les aboutissants, c’est autant de complications qui lui rendent la vie difficile.

Surtout s’il doit payer des charges parfois plus lourdes qu’un loyer et qu’il n’aura droit à aucune aide du fait qu’il sera propriétaire (n’oubliez pas, il vivra un jour sans ses parents et ses parents ne seront pas forcément là pour lui sauver la mise).

Alors bien sur, tous les parents n’ont pas les moyens de payer un appartement à leur enfant, mais ceux qui l’ont, il vaut mieux lui permettre de louer, lui faire des tableaux sur lesquels il pourra se repérer par exemple, ou sur son i-Phone, lui mettre sur son agenda des notifications qui lui rappelleront les échéances…déjà, le fait de recevoir un courrier pour le paiement du loyer, on peut aussi mettre en place des prélèvements ou des virements sur le compte, pour éviter les retards de paiement…etc. Lui installer un logiciel pour faire ses comptes….Bien sur, on peut demander à son enfant s’il a bien fait les choses, si tout va bien…mais ce qu’on appelle l’instinct de survie et l’apprentissage du système D, on ne l’apprend pas dans les manuels, ni en en entendant parler.

Le fait de se retrouver locataire, est déjà pas forcément simple en soi…alors évitez les cadeaux empoisonnés ! S’il a les capacités de faire des études, c’est pas pour ça qu’il va avoir un bon boulot et bien rémunérateur pour s’en sortir sans les aides sociales ! Ce n’est pas une question de compétence de la personne autiste mais de la société qui voit les personnes autistes et les personnes différentes d’un mauvais œil. Il y a des employeurs qui recherchent certaines de nos spécificités autistiques, mais pas toutes ! Donc, il vaut mieux se mettre en accord avec la réalité du terrain et préparer progressivement le terrain (donc si on veut absolument faire de son enfant un heureux propriétaire, mieux vaut choisir un immeuble où les charges seront réduites, où il ne risque pas de se retrouver plus pauvre en étant propriétaire qu’un locataire, d’ailleurs, pourquoi pas aussi l’aider à monter un dossier pour un logement social et lui montrer comment on défend un dossier pour y parvenir ? J’en ai eu 3 des logements sociaux, donc rien n’est impossible!).

Donner des outils pour gagner en autonomie c’est pas FAIRE A SA PLACE !

Alors oui, c’est un peu fatiguant au début, il faut trouver les bons outils qui vont lui faire comprendre comment les choses fonctionnent, lui permettre de pointer ce qu’il lui reste à faire, comment le faire. Il va visualiser les étapes, la façon dont vous le faites et il pourra ainsi mieux le reproduire, et plus il le fera, plus ça lui sera facile de le faire les fois suivantes. Il faut qu’il acquiert des automatismes et plus jeune il commence, mieux c’est pour lui. Attention, si vous vous pensez qu’un agenda électronique ou papier est le mieux pour vous, pour lui ça peut ne pas lui convenir. Tout le monde n’a pas la même faculté de mémorisation. Il faudra tester ce qui convient le mieux et s’il y a des ratages au début, c’est pas pour ça qu’il est incapable d’y parvenir !

Ma fille est capable de faire des choses que la plupart des professionnels ne pensaient pas qu’elle serait capable un jour, même dans mes rêves les plus fous. Et pourtant….

Vous ne pourrez pas vivre sa vie à sa place, vous DEVEZ lui faire confiance un moment donné. Il/elle n’est pas devenu(e) incapable à partir du moment où il y a eu ce diagnostic de posé. Donc, vous devez penser surtout à ce que votre enfant deviendra après. Pas penser à vous et à ce que vous aimeriez faire pour vous rattraper, ne vous sentez pas coupable de ne pas l’avoir compris(e), ce qui est fait est fait. Votre enfant ne vous en voudra pas des maladresses commises et vous identifiera avec les capacités que vous avez dans votre rôle de parent et d’humain. Soyez constants !

Donc, inutile d’un coup de chercher à tout rattraper et panser vos blessures et votre culpabilité via le pouponnage. Lui donner des outils pour s’en sortir et lui montrer que vous avez confiance en lui/elle, c’est la meilleure des preuves d’amour parentale.

L’assistance n’est pas une solution durable, assister c’est un temps et après, si vous ne voulez pas qu’il s’installe dedans, qu’il vole de ses propres ailes, il faudra vous écarter progressivement, mais en lui donnant les outils pour le faire.

Il faut donc de la cohérence dans ce qu’on fait pour son enfant. C’est pas TOUT ou RIEN…c’est pas TOUT jusqu’à 25 ans et RIEN d’un coup…

Surtout si vous lui avez permis de vivre seul(e) dans un logement, il vaut mieux qu’il ait participé à toutes les étapes de la progression de son autonomie, qu’il ait accès aux documents nécessaires pour revenir dessus au besoin. Visualiser et avoir toutes les étapes dans son esprit.

  • Aller à la banque avec lui/elle, lui expliquer ce qu’il/elle a comme obligation, comme prélèvements ;
  • Remplir le dossier de la MDPH avec lui/elle et lui permettre d’avoir une AAH, afin de lui permettre, même s’il/elle est encore étudiant(e), de pouvoir gérer son budget et de ne pas le dépasser ;
  • Remplir, tous les dossiers avec votre enfant, tout ce qu’il/elle devra faire, mais laisser le/la remplir et vous ne serez là que pour l’aiguiller (poser les bonnes questions et/ou lui donner des précisions)
  • Voir comment il/elle s’en sort pour les lettres de motivation en lui expliquant ce qu’un patron attendra…préférera…choira…
  • Lui montrer comment installer et se servir d’un logiciel de comptabilité pour lui permettre de gérer ses comptes.
  • S’il y a des travaux à faire, le/la faire participer et pareil pour le ménage, ne pas le faire à sa place, même sous prétexte qu’il/elle se contenterait bien de vivre dans la saleté et le désordre. Expliquer en quoi la propreté (de soi et de son habitation) est primordiale, expliquer ce que ça comporte socialement. N’hésitez pas à vous aider de scenarii sociaux pour lui faire apprendre les choses nécessaires.
  • Les courses, la façon de s’alimenter, tout ce qui fait partie du quotidien, il/elle doit être capable de le faire, car quoi qu’il arrive, fille ou garçon, qu’il/elle vive seul(e) ou en couple, il/elle ne devra pas peser sur les autres pour vivre, car personne n’a envie de se sentir être un boulet, même pas pour ses propres parents. C’est ce qui contribue à changer l’image de soi et améliorer l’estime de soi.

 

Donc, visualiser TOUTES LES ETAPES de son autonomie, sans qu’aucune étape ne soit manquante. Car c’est cette absence d’enchaînement logique et visible qui est anxiogène et peut pousser au refus de s’occuper de choses qui semblent fastidieuses.

Donc, plutôt que de douter de ses capacités, donnez lui la possibilité de croire en lui/elle.

Sa vie n’est pas moins belle parce qu’il est autiste.

Aidez le à être une personne qui a du savoir-vivre, apprenez lui à respecter l’autre et à se respecter soi. S’il se fait moquer par quelqu’un, apprenez lui à répondre, à se défendre, permettez lui de gagner en assurance au lieu d’aller gronder l’agresseur ou le moqueur. Car c’est souvent pire après. Y a les représailles (surtout à l’école ou à la Fac)…

Ne le traitez pas comme une personne INCAPABLE ou INVALIDE. Ne l’infantilisez pas ! S’il a obtenu une carte d’invalidité c’est une appréciation purement technique d’une difficulté et parce que la société n’aide que les personnes que parce que leur façon d’être va déranger la société et donc se faire exclure de cette façon, il faut COMPENSER la « perte » de cette liberté à pouvoir jouir des mêmes droits que les autres. Ne voyez pas cela comme une incapacité à vivre !

L’autisme n’est pas une maladie, et donc ne peut se guérir.

Ne pas le gaver de médicaments, préférez les traitements naturels et bio, phytothérapeutiques, les Fleurs de Bach, les huiles essentielles (attention certaines peuvent être contre-indiquées en cas d’épilepsie convulsive ou non convulsive)…pour gérer l’anxiété, le stress, le manque de confiance en soi, etc.

La psychanalyse n’est pas une thérapie indiquée pour les personnes autistes. Il y a cependant des personnes qui ont besoin malgré tout de parler et de déposer leur « fardeau » de la vie, surtout pour apprendre à se construire et à mieux se comprendre soi et les autres, trouver un thérapeute qui comprendra l’autisme VRAIMENT, sans que cette personne ne soit du genre intrusive et décide à la place de votre enfant. Au besoin, rejoindre des cafés aspergers existants ou en créer si dans votre région il n’y en avait pas. Pareil pour les groupes d’habiletés sociales. Si lorsque votre enfant était enfant lorsqu’il s’est fait diagnostiquer, vous pouviez de temps en temps donner votre avis devant la thérapeute qui s’occupe de votre enfant, par la suite, lorsqu’il devient adulte, préférer une personne qui respectera le principe de neutralité et ne fera intervenir les parents que si la personne autiste le désire et non d’office, en l’infantilisant. Bien sur, vous pouvez vous assurer que cette personne n’a pas une vision de l’autisme culpabilisante pour la mère ou pas misérabiliste en l’intoxiquant de médicaments ou en l’installant dans une impression d’être un incapable….

Un autiste n’est pas quelqu’un à qui il manque des cases, manque de discernement, n’est pas psychotique. Il n’est pas non plus débile mental. Réfléchissez plutôt à la façon dont votre enfant se verra et la confiance que vous pouvez l’aider à travailler pour gagner en autonomie et en estime de soi.

22 réflexions sur “ Education : comment s’y prendre avec un enfant autiste ? ”

  • 03/06/2014 à 11:34
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    merci pour votre temoignage !

    Réponse
    • 04/06/2014 à 11:07
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      Merci tout d’abord à vous de vos encouragements. En fait je préfère faire du sur mesure. Je n’ai pas la prétention de me dire que je SAIS. J’ai essayé et cherché à prendre appui sur ce que j’ai vécu enfant. Ma fille n’est pas asperger mais elle a du potentiel humain déjà et elle est loin d’être bête. Mais si on mesure son intelligence avec un outil étriqué que sera un test de QI…elle semblera très déficiente. Cela ne veut pas dire que certaines choses ne lui seront pas difficilement accessibles. Mais elle a aussi l’intelligence de ne pas se prendre pour ce qu’elle n’est pas et ne veut pas être. Ma fille compense ses difficultés « intello » par une débrouillardise et une curiosité des autres. Et elle a une meilleure mémoire que la mienne encore. Je peux aider au cas par cas, mais dire voilà c’est comme ça qu’il faut faire, non ça me semble compliqué. Donc je préfère agir sur le terrain et chercher avec les parents et adultes autistes des solutions. Et proposer. Je ne peux que faire cela. C’est ce qui me semble être le plus honnête. Cela dit il y a de bons conseils déjà dans les livres sur l’approche comportementale ABA. Et vous pouvez vous en inspirer. Ou faire des formations avec EDI Formation par exemple. Mais c’est pas la seule chose à faire. C’est surtout de bien comprendre qu’il ne sert à rien de rendre un autiste insoupçonnable comme je l’ai été. Car c’est épuisant et à 42 ans on finit par craquer de trop contrôler son aspect extérieur. On en néglige le principal. L’énergie que l’on met à être indecelable, on ne le passe pas à progresser de l’intérieur. Donc permettez qques excentricités à la maison. En revanche c’est vrai que les gens doivent mieux connaître l’autisme. Et savoir que ce n’est pas une maladie ni ni une somme de déficiences. La preuve. Est ce que je vous parais déficiente ? Pourtant mes parents le croyaient. Donc ayez confiance en vos enfants.

      Réponse
      • 04/06/2014 à 16:27
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        Ma fille a bientôt 3 ans elle est en cours de diagnostic ayant déjà 2 enfants avant ma dernière je savais des 15 mois que quelque chose d étrange existait en elle ce n’est pas une asperger et elle commence a parler elle regarde de plus en plus dans les yeux ce que je vois en elle c’est qu’elle aimerai faire de nouvelles choses mais elle n’y arrive pas alors sans connaître l autisme a la base je me suis renseignée sur le sujet en prenant le temps de prendre le bon et non le mauvais mais il est vrai que la fermeté l insistance fonctionne il ne faut jamais baisser les bras et ne jamais penser que son enfant n’est pas intelligent tous ça parce qu’il fait pas comme la majorité au contraire je trouve même qu’ils peuvent faire des choses bien plus intelligentes que les autres. Ma fille TED pour le moment,car en cours de diagnostic, s’est mise a idolâtrer mon iPhone et des l’âge de 12 mois elle savait le déverrouiller sans que je lui montre et me faisait a 2 ans des puzzle a une vitesse folle jamais vue ça et j’ai testé sur des enfants dit sans troubles bah ma fille les a tous battu c’est pour dire que chaque personne autiste ou pas a son domaine fort et son domaine faible. Je remarque également qu’il faut répéter énormément les scènes les mots pour qu’elle comprenne un peu plus de travail mais on y arrive et on est encore plus content du résultat qu’avec un enfant qui communique au final. En tout cas merci pour votre témoignage je suis d’accord il faut avoir confiance en nos enfants qu’il soit autiste ou pas ce sont nos enfants avant tout c’est juste les méthodes qui changent.

      • 04/06/2014 à 18:44
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        Bonjour Latous,

        Je vous remercie de votre témoignage également et je vous confirme qu’en effet, il n’y a pas besoin d’être asperger pour avoir de sacrées compétences et ma fille est diagnostiquée TED ns (bon c’est un peut fourre tout je dirais, mais parfois ils y mettent aussi des aspergers et des autistes de haut niveau en attendant, comme ils ne rentrent pas tout à fait dans les cases préformatées avec qques trains de retard je dirais)…et lorsqu’elle est née, elle faisait des trucs hallucinants que même les sage femmes n’ont jamais vu chez un nourrisson. Elle pouvait d’un revers de la main remettre la tétine qui était tombée sur son torse. C’était assez impressionnant.

        Océane est une jeune fille qui a été pas mal jugée à tort de déficiente intellectuelle, ce qu’on dit à ce propos c’est que souvent les tests ne sont pas adaptés aux autistes et d’ailleurs le Pr Laurent Mottron lui même le dit. Et d’ailleurs si vous pouvez trouver ses vidéos, ce qu’il est vraiment bien.

        Lui et Tony Attwood (il a plus parlé des aspergers, car c’est LA référence pour les aspergers je dirais, mais il est très bien aussi).

        Oui, ça se sent en vous lisant que vous aimez votre fille et elle a de la chance d’avoir une maman comme vous. Je suis contente de lire de tels propos, j’ai été tellement sur des discussions où les parents étaient limite à jeter leur enfant par la fenêtre (bon on a tous eu des moments terribles et avec le caca sur les murs plusieurs fois par jour notamment quand c’était pas les nouveaux pots de crème que je venais d’acheter qui finissaient dans le bain ou les shampoings, etc…je n’avais pas le temps de me retourner qu’ils avaient déjà attéri en mains « expertes »….) et un moment donné j’ai dit stop, je veux lire aussi de beaux témoignages et de voir des parents qui même s’ils sont au bout du rouleau ne baissent pas les bras et ont encore cette lueur d’espoir….et là ça me fait du bien ! Alors merci, c’est une vraie bouffée d’oxygène pour moi ! Et ça m’encourage à continuer….

        Oui, il y a des tas de choses à faire avec votre fille, elle a l’air en effet d’avoir du potentiel, et elle doit avoir une bonne discrimination visuelle et je pense que ça peut lui apporter pleins d’atouts et elle compense en fait ce que les autres penseraient qu’elle n’a pas….je vous l’ai dit, mes parents me croyaient totalement idiote, naïve (bon je le suis un peu encore naïve, mais je me soigne) et déficiente intellectuelle, ils ne croyaient pas que je pouvais être intellectuelle d’ailleurs. Donc leur non ambition a été pour moi un sacré choc et entrave, j’ai du longtemps bifurquer et chercher des moyens détournés pour arriver à obtenir un niveau d’études à peu près satisfaisant, mais l’épuisement, l’âge, tout ça a fait que je n’ai pas pu poursuivre et puis fallait bien vivre, et faire des études quand on est seule et ma fille est arrivée à 25 ans, alors, bon….je ne sais pas pourquoi je voulais être mère à 25 ans, j’avais décidé ça. Et depuis je ne fais que m’occuper d’elle, je me suis aussi battue contre la MDPH et j’ai gagné en cassation et notre affaire a fait jurisprudence, donc si sur le plan administratif vous avez des soucis, n’hésitez pas….faut pas leur faire de cadeaux, même avec eux faut être très fermes ! Et utiliser le droit comme moyen de pression. Faut pas courber l’échine, vous ne volez personne et qu’on ne vienne pas vous culpabiliser avec la crise….parce que la crise, les hauts fonctionnaires la connaissent pas trop. Enfin surtout les élus.

        Donc, bon, voilà, je ne vois pas pourquoi on aurait à faire les timides et les pauvres mendiantes….hein, c’est pas la charité qu’on réclame, on veut aider nos enfants, les scolariser, leur permettre de réussir leur vie au même titre que les autres, qu’ils aient les mêmes choix et mêmes propositions de perspectives d’avenir. Ni moins ni plus !

        Bon courage en tout cas…je ne suis pas loin… 🙂

      • 04/06/2014 à 22:31
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        Moi j’aime mes enfants et si ma petite dernière est différente et bien je me dis que c’est juste le destin je suis croyante non pratiquante mais il m’arrive de prier dans ma tête c’est ce qui m’aide aussi a surmonter ses angoisses mais également les miennes mes angoisses en tant que maman c’est uniquement que ma fille puisse se débrouiller un jour sans moi et si ce n’est pas le cas alors ce seront son frère et sa sœur qui prendront le relai je suis également dans une famille soudée mon mari mes enfants et moi même nous nous aimons beaucoup et malgré que l’on traverse des périodes difficiles on les surmontes mon mari travail a son compte c’est pas facile mais malgré sa fatigue il m’aide beaucoup s’occupe beaucoup de ses enfants et moi je vie pour eux jusqu’à qu’il prennent leurs envols je m’occupe de moi de temps en temps mais j’ai du mal sans mes enfants je suis pas bien je donnerai ma vie pour eux alors en attendant je leurs offre mon amour ma patience mais aussi une éducation je les ouvres très jeune au monde extérieur j’ai la possibilité financière de ne pas travailler pour m’occuper d eux ils font des sorties des voyages et ma petite TED s habitue très bien a ça nous avons pas un planning chez nous c’est au filing et ça fonctionne pas mal. Mon mari est tunisien de naissance sa famille la bas considère ma fille comme tout a fais normal c’est bien chez nous en France qu’il y a des problèmes sur la vision de l autisme il faut accepter ces personnes en tant que personne pour ma part ma fille peut être TEd ou tout ce que l’on peut dire je l’ai mise au monde c’est ma fille je la soutiendrai jusqu’au bout car être parent c’est ça !! Ceux qui rejetent leur enfants par rapport a un diagnostic c’est parce qu’ils ne se voient pas en eux. Pour ma part ma foi en dieu ma éduqué a prendre soin de mes enfants et si cet enfant a des soucis c’est donc ma destinée et je n’ai pas été choisi pour rien je suis la pour l’aider. Je vous soutiens a 100% j’ai toujours été comme ça même avant d’avoir été concernée. J’ai fais du bénévolat dans ma vie avant d’avoir mes enfants pour beaucoup handicap maladies et ça nous donne des forces si seulement les gens pouvaient ouvrir leurs cœurs dans ce monde de brut on n’en serai pas la aujourd’hui sur les opinions déplacés envers les autistes et autres…

  • 04/06/2014 à 04:07
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    J’ai beaucoup apprecie votre temoignage tres complet. Avez-vous jamais pense a ecrire un bouquin sur vos experiences? Ceci aiderait beaucoup de familles dont un grand nombre sont desempares devant la tache qui les attend ou ne savent pas comment s’y prendre pour donner la meilleure education possible a leur enfant.

    Réponse
    • 04/06/2014 à 11:08
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      Oups j’ai répondu plus haut. Merci. Et si vous avez besoin de conseils n’hésitez pas.

      Réponse
  • 05/06/2014 à 12:47
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    Latous, je comprends tout à fait, moi je suis d’origine ex-Yougoslave et là bas, je me souviens que j’avais des copines et des copains, on jouait et on se salissait de la même façon que les autres et en rentrant, nos parents ne nous sermonnaient pas durant des heures. On habillait les enfants en conséquences, ils pouvaient tomber, se faire mal comme les autres, ils pouvaient chanter et rire sans que quiconque ne dise « oh il est fou il a un problème »….ma mère était venue avec nous il y a deux ans en Serbie et c’est elle qui a le plus disjoncté de notre autisme à Océane et moi, bon faut dire qu’elle vit en France depuis plus longtemps qu’elle n’a vécu là bas, elle est arrivée en France à l’âge de 15/16 ans et elle a 62 ans. Donc, bon, elle a pris les plis français on va dire et la mentalité…mais là bas, Océane et moi on pouvait chanter dans la rue, on pouvait rire, personne ne nous regardaient comme des pestiférées…quand Océane posait des questions aux serveuses, je traduisais (elle a parlé plus tardivement alors j’ai pas voulu la perturber dans les apprentissages) et elle était curieuse des autres, elles répondaient toujours avec sourire et à la limite c’est ma mère qui passait pour folle avec sa manie de dire « on ne dit pas comme ci on ne dit pas comme ça, on fait pas ci on fait pas ça »….au contraire, les gens étaient bien plus aimables et agréables !

    Mon pays me manque d’ailleurs. J’ai très envie qu’un jour on puisse y vivre….la guerre a causé pas mal de torts, mais sur la questions du handicap, j’ai appris que les enfants autistes étaient scolarisés et ils connaissent les autistes, beaucoup mieux qu’en France. J’ai retrouvé une copine d’enfance là bas et je lui ai dit qu’on était autistes et elle m’a posé des questions si précises que j’avais compris qu’elle était déjà au courant. Elle est prof et elle m’a dit qu’elle avait dans sa classe des autistes (3 ou 4), ils n’ont pas d’AVS, mais ils prennent le temps d’expliquer. Les parents ne viennent pas militer que les autistes vont ralentir les autres….non, tout le monde a sa place. Et c’est un petit bled serbe, c’est même pas dans une grande ville qu’elle travaille !

    Chez nous on a un mot « kulturan/nekulturan », on peut le traduire par « savoir vivre/pas de savoir vivre ». Mais c’est plus que ça….c’est un mélange de culture et de savoir vivre, de savoir être…c’est un mot plus précis encore…il englobe beaucoup de choses. Il y a pleins de mots comme ça quand je ne trouve pas le mot français, je pense à ma langue maternelle, pour dire des choses.

    Je ne suis pas étonnée par ce que tu me dis. Je pense qu’en effet tu fais bien de pouvoir faire vivre ta fille TED sans non plus te focaliser sur son autisme, car c’est une enfant avant tout.

    En revanche, il faut aussi s’occuper de soi. Nos enfants sont importants, oui, mais s’occuper de soi c’est aussi une façon de transmettre à nos enfants le respect de soi. Nous sommes aussi des exemples pour nos enfants. Ainsi, c’est en voyant ma mère prendre soin d’elle et par la suite me voir m’occuper de moi qu’Océane a pu aussi prendre soin d’elle et d’avoir cet automatisme de se faire du bien à son propre corps. Prendre des plantes et des remèdes naturels pour se sentir bien aussi, faut pas hésiter, la nature nous offre des bienfaits, il n’y a pas de mal à se faire aider un peu. Montrer à nos enfants ne nous négligeant pas, c’est aussi leur transmettre le plaisir de soi…

    Je lis beaucoup de témoignages de mamans qui se négligent (je ne dis pas que c’est ton cas, mais dans ce que je lis, je te dis attention, prends soin de toi aussi !). Certaines n’ont pas la chance d’avoir de mari ou de petit copain. Moi j’ai été maman solo durant des années mais j’ai eu des petits copains, bon, ma fille se souviendra mieux de certains que moi, mais si certaines personnes disent que ça donne une mauvaise image de soi, moi je préfère que ma fille ne s’entête pas dans une relation qui ne lui conviendra pas et savoir que c’est pas la fin du monde de cesser une relation, plutôt que de se forcer et se faire du mal…ne pas accepter la violence, ne pas accepter l’humiliation, ne pas accepter la toxicité….voilà….donc il vaut mieux mettre du temps à trouver son compagnon/sa compagne mais finir par trouver la personne qui nous convient le mieux, que de passer sa vie avec une personne qui ne nous rendra pas heureuse, par culpabilité de ce qu’on penser les autres. Là je parle de moi et des personnes qui ont mis du temps à trouver quelqu’un qui leur convienne vraiment.

    Pour une personne autiste qui est en plus dans l’errance du diagnostic, comme je l’ai été, durant des années, j’ai pas su qui j’étais ni ce que je faisais là….et j’ai eu mon diagnostic juste avant de rencontrer mon homme, qui lui aussi est asperger et voilà, il m’a fallu me trouver pour trouver la personne qui me convient vraiment. Donc, c’est vraiment important ce diagnostic, pas forcément la reconnaissance de la MDPH, ça c’est autre chose, c’est administratif et ça ne doit apporter qu’une compensation et non une stigmatisation. Malheureusement, ça va souvent ensemble….et on se rend compte qu’on est bien peu compensés par rapport à la stigmatisation. Mais pour ceux qui ont un autisme plus marqué plus évident (difficultés d’élocution ou stéréotypies plus rapprochées en fréquence, mauvaise gestion du stress – et c’est là aussi que je dis que les plantes peuvent aider et jouer un rôle)….c’est sûr que la case MDPH est assez incontournable, en France, dès qu’on se met à sourire ou à chanter « sans raison »….on passe pour dingue…alors le reste….

    Ma fille, il lui suffit de dire bonjour à une caissière ou une vendeuse pour me rendre compte du regard de dédain à son encontre. Je suis sidérée, je pourrais passer mon temps à me disputer avec la terre entière ! Pour ça que je préfère informer en amont et lorsque je tombe sur un jour où je ne suis pas du tout d’humeur à la fermer….ben je peux en effet leur faire la morale et leur expliquer que l’autisme n’est pas une maladie et qu’il est inutile de regarder ma fille avec dédain et me regarder parce que j’ai un casque arceau sur la tête et des lunettes de soleil dans les magasins comme si on était des personnes dangereuses.

    Oui, cette société est assez bizarre finalement…intolérante…mais je dirais au delà ce mot qui me gène terriblement « tolérance/intolérance », un terme un peu BoBo catho qui se la joue grand samaritain ! Je « tolère »…avec le petit pincement de nez qui donne la sensation du snobisme…ben non, moi je ne tolère pas, j’aime ou j’aime pas. Point. Après, on ne peut pas aimer tout le monde, je ne déteste pas pour autant…mais je ne tolère pas. Je suis plus dans l’acceptation. Tout le monde a le droit d’exister à sa façon. Après, comme on dit, la liberté des uns commence où s’arrête celle des autres et tant que personne n’entrave ma liberté d’être, je n’entrave aucune liberté d’être des autres.

    Donc, je respecte le principe d’équité et d’équilibre. Tout le monde a le droit de vivre, mais si quelqu’un décide qu’une catégorie d’individus doivent avoir moins de droits que d’autres, sous prétexte d’infériorité (d’ailleurs nous, les autistes, on ne considère pas ce « critère » là, on n’a pas de notion de hiérarchie ni de caste sociale, ou d’élite humaine, c’est pour ça que ceux qui sont du genre à vouloir nous faire passer pour hautain et disent qu’on voudrait une vie, un monde sans non autistes, sont des gens fanatiques et dangereux ! Car en réalité ils véhiculent l’idée inverse, c’est EUX qui veulent un monde sans autistes ! j’ai appris l’implicite avec la psychologie et même en politique. J’ai passé également à une époque un bac commercial et j’ai appris les techniques et stratégies marketing. On voit à quel point on tend à rendre la population conditionnée et « nekulturna », on l’individualise.

    Bon, je m’emballe là, parfois je ne sais pas par où commencer et qd je suis lancée je ne sais plus m’arrêter ! 🙂 Bon, aller j’ai des choses à faire, journée pleine….bonne journée.

    Réponse
    • 05/06/2014 à 16:41
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      Je pense exactement pareil et non vous n’ exagérez pas car nous sommes bien dans un pays de chacun pour sois il n’y a pas qu’avec les autistes qu’il y a mise a l’écart si vous ne rentrez pas dans le moule dans lequel l’état français vue vous mettre alors on vous laisse de côté. Ça peut être le cas pour les obèses handicapés personnes de couleurs religions et j’en passe. Les gens s’intéresse de plus en plus a l’image extérieur au mieux d essayer de connaître l’image intérieure de chaque individus. Nous sommes un pays divisé de plus en plus ce qui n’aidera sûrement pas. Merci en tout cas et bonne continuation.

      Réponse
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  • 14/10/2016 à 18:37
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    Bonjour,

    Après avoir travaillé chez des personnes âgées, j’ai voulu me réorienter. J’ai demandé un poste d’AVS; il vient de mettre attribué. Je vais aider une petite fille de 4 ans qui vient d’être diagnostiquée autiste.
    J’ai rencontré l’institutrice et le papa de cette petite fille. Je leur ai dit que je ne connaissais pas bien ce trouble. Ils ont essayé de me mettre en confiance, mais je reste avec des angoisses, la peur de mal faire, de mal dire, bref de lui transmettre des messages inappropriés.
    Et pourtant….J’aimerais faire un bout de chemin avec elle, car je sais que ce sera un enrichissement pour toutes les deux.
    Je voulais simplement vous dire merci pour vos témoignages.

    Réponse
  • 14/12/2016 à 04:09
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    Bonjour.
    Je m’appelle Vaitiare , je suis une tahitienne et mon fils a été diagnostiqué autiste l’année dernière. Ton long témoignage m’a beaucoup ému parce que je reconnais tout à fait mon fils lorsque tu parle de ta fille. Donc pour moi, ça a été très lourd parce que depuis qu’il est en section des petits jusqu’à la section des grands, je me posais beaucoup de questions quant au comportement plus que violent de mon fils envers les élèves de sa classe et de toute l’école maternelle, du fait qu’il ne formule toujours pas des phrases complètes… le regard des autres en général m’exasperait plus qu’autres choses. Et quand le Neuro-pédiatre a posé le diagnostic, le directeur étant tout à fait au courant, n’a pas jugé bon d’en sensibiliser les parents puisqu’ aucune réunion de sensibilisation n’a eu lieu, donc les parents de l’école mettaient ça sur le compte d’une mauvaise éducation ou d’un manque d’éducation (c’est tellement facile de jaser plutôt que d’essayer de comprendre ou plus simplement de demander )ou d’être un enfant trop gâté. Bref, un neveu de mon mari semblerait lui aussi être un enfant TSA, et ils se comprennent même sans langage verbal. En Polynésie, de tels enfants sont rares ou ne sont pas vraiment connus de tous donc je ne sais pas à quel autre parent parler de mes craintes. Merci pour ce beau témoignage qui a répondu à plusieurs de mes questions et qui a apaisé mes craintes. Célébrons la différence de nos enfants qui fait d’eux des personnes spéciales et précieuses. Encore une fois: MERCI

    Réponse
  • 17/01/2017 à 20:03
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    Bonjour, j ai lu avec attention votre article et ca m a touche. Ma fille de 2,5 ans presente des signes d autisme. On va en avoir le coeur net tres bientot. Mais ca ne faot aucun doute. Visiblement ce sera leger mais il y a quelque chose. Et j aimerai des maintenant commencer a travailler avec elle. Elle ne parle pas. Elle sait dire des mots mais ne communique pas avec des mots. Mais c est difficile a 2,5 ans et demi d imposer quoique ce soit.
    Je voulais savoir si vous pouviez me donner quelques conseils pour la faire progresser.

    Merci d avance.
    Maman qui ne sait plus ou elle en est.

    Réponse
  • 14/06/2017 à 12:35
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    On ne rappellera jamais assez le message qu’il y a dans ces lignes et qui s’adresse aux parents confrontés à l’intox des tueurs d’espoir avec les « il ne * jamais » (*= parler, écrire, lire, être autonome etc…) qui militent pour le tiroir caisse des institutions avec l’aide des parents qui ne veulent pas de l’inconfort d’un autiste à la maison, à l’école etc… et qui malheureusement sont à la tête de beaucoup d’associations…

    Parents qui découvrez l’autisme de votre gamin n’écoutez jamais les tueurs d’espoirs qui ne sont que des vautours qui voient dans votre gamin un stock de prix de journée ou autres prix de service avec un tarif d’autant plus élevé qu’on ne lui aura jamais rien appris et qu’on lui aura créé un handicap très sévère qu’il n’avait pas à l’origine.

    Laissez vous porter par les compétences de vos enfants et croyez en eux !

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  • 14/06/2017 à 14:46
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    1.Heureusement il y a encore des endroits en France où on considère un enfant autiste avant tout comme un enfant.

    2.C’est un vrai problème que beaucoup de parents solos oublient de s’occuper d’eux-même et broient du noir à cause de l’énorme pression de la société et des difficultés supplémentaires.

    Mais il faut rester réaliste et ne pas perdre son humour sinon on sombre devant l’importance de la pathologie.

    Ce qu’il faut comprendre c’est que les enfants autistes sont confrontés à une pathologie importante, celle d’une société incapable d’accepter les différences, et une société qui de plus est affectée d’une importante cécité sur sa propre pathologie.

    Gardez le moral, un enfant autiste çà ouvre les yeux des parents sur beaucoup de choses et en fait ils nous en apprennent plus sur nous même et les autres que la vie n’a pu nous en apprendre auparavant.

    Et bien souvent, ils nous aident à filtrer les individualistes qui polluent la vie.

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