Adolescent autiste : notice et conseils d’utilisation

Adolescent autiste : conseils

L’autre jour, j’étais vraiment désespérée avec Le Petit Prince qui, à bientôt 14 ans,  est en pleine adolescence et c’est pas tous les jours Noël à la maison. Je vous avais expliqué l’étendue de mon désarroi et là, j’ai eu plein de réponses de votre part sur Facebook ou dans l’article ou en messages privés, avec l’impression générale que ouais, l’adolescent autiste est un peu comme un bâton de nitroglycérine : à manier avec précaution.

Alors à mon tour de partager tous vos bons conseils pour bien savoir gérer un adolescent autiste, pour que ça serve aux autres parents :

Tout d’abord, je vais citer Liette, qui résumait parfaitement la situation dans ces quelques mots :

J’ai l’habitude de dire que, pour moi, un ado TSA, c’est comme être ado «au carré», donc ado x ado!

C’est tout à fait cela. Un ado, c’est chiant. Un ado autiste, c’est terrible. Il faut tout leur justifier, ils répondent, râlent, revendiquent, sont en opposition, se braquent, boudent, et peuvent même devenir violents.

Je l’interprète de cette manière : déjà que petit, la lecture du monde leur est difficile, mais en plus avec la poussée hormonale de l’adolescence, leurs sens sont en alerte permanente et cela brouille leur compréhension de l’environnement. Du coup, ils sont angoissés et donc on doit tout justifier, expliquer, affronter leur colère, leur angoisse etc etc. Cercle vicieux.

Voici le témoignage d’une adulte autiste, Jennifer, qui nous parle de ce qu’elle a vécu adolescente :

Alors moi ado, j ai refusé l’aide de tout le monde et j’envoyais bouler sévère, donc je me suis isolée de tous.

Mes parents n’avaient pas la force de me suivre.

Aujourd’hui, je regrette car finalement je voulais mon indépendance mais sur beaucoup de points je me suis vite rendue compte que j’avais besoin d’aide. Par fierté peut-être mais demander de l’aide c’est pas mon truc.

C’est compliqué car sur certains points il faut laisser l’autonomie dont chacun a besoin car nous sommes tous différent.Aussi il faut laisser au Petit Prince l’autonomie dont il a besoin mais aussi lui expliquer que sans être un bébé ni un enfant il ne peut affronter tout, tout seul.

J’ai essayé et j’ai fini par avoir de gros problèmes donc Autonomie ok, mais avec prudence . Le tout est de le faire comprendre.

Par contre je vous conseille de ne pas forcer ni prouver par a plus b que sans vous il n y arrive pas. Juste que c est plus sécurisant et que toute les mamans sont plus au moins mère poule. C’est le rôle d’une maman. Ma fille autiste de 8 ans me répète sans arrêt : « C’est bon, je sais faire ! » , elle veut être discrète . Et qu’on l’oublie.

Maintenant, concrètement, que faire ?

Le lâcher prise est nécessaire

Moi je suis du genre à tout vouloir contrôler. Or, c’est l’inverse de ce qu’il faut faire. C’est Corinne et Nathalie qui m’ont conseillé de lâcher prise : les devoirs ne sont pas fait ? Tant pis ! Il ne veut pas travailler avec nous ? On essaie de lui trouver une aide le soir qui lui fait faire ses devoirs. Si on veut que notre enfant devienne autonome, il ne faut pas essayer de faire à sa place, car comme le disait Jennifer, il va penser qu’il fera toujours moins bien que nous. C’est faux : il le fait à sa manière.

D’ailleurs Petite Fleur le dit très bien :

Mais voilà en fait ils deviennent des ados comme les autres et finalement avec le recul c’est rassurant et ça fait du bien de dire « comme les autres ». En fait qui est dépendant de l’autre? La relation s’inverse et c’est dur, oui, comme toutes les mamans qui lâchent leurs enfants petits à petit car c’est pour ça qu’on se bat depuis toujours…pour pouvoir les lâcher un jour.

Lui laisser de l’espace

Comme disait Nathalie, avoir son ado dans ses jupons tout au long de la journée n’est pas très sain : il faut que chacun garde son espace pour mieux se retrouver à certains moments et partager des choses. Donc finalement lui apprendre l’autonomie, c’est aussi le laisser faire des choses sans nous, de son côté. D’ailleurs il ne faut pas oublier qu’on n’est pas tout le temps avec notre enfant : s’il va à l’école, on ne peut pas maitriser ce qu’il fait donc… il faut qu’il expérimente seul, même à la maison.

Faire confiance !

C’est Carine qui nous rappelle que sans confiance, il ne peut y avoir d’autonomie. On lâche prise aussi parce qu’on a confiance en notre enfant, même si ça n’est pas évident, mais si, il le faut ! Et Accroaucpocorn nous rappelle qu’apprendre passe bien entendu par commettre des erreurs, donc attention à ne pas juger sévèrement le fait que notre enfant se trompe.

Sandrine nous précise :

Faire une confiance absolue et aveugle pour faire valoir sa capacité d’adaptation et d’apprentissage. Ils apprennent autant ou plus quand on est pas là (je précise : à condition que cela ait été intégré à leur existence très tôt…)

Garder le lien grâce à la communication

On lâche prise, on lui laisse plus d’espace, mais on n’oublie pas de lui parler. On garde le contact, on reste pour lui le pilier, le coach comme le dit Agnès.

Liette a une petite astuce pour parler à sa fille autiste : elle lui écrit, car cela lui demande beaucoup moins d’effort que d’écouter.

Il faut donc rassurer notre enfant en continuant à montrer notre discrète présence et en lui parlant, en dialoguant avec lui.

 

Je complèterai cette liste au fur et à mesure de nos échanges, mais déjà, je la trouve vraiment pas mal !!!

8 réflexions sur “ Adolescent autiste : notice et conseils d’utilisation ”

  • 25/03/2015 à 11:19
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    super voila tu as bien tout resumé !! moi je discute beaucoup avec mon mat et oui je lui fais confiance et lui laisse de la liberté tout en surveillant de loin ! par contre comme le tien , il faut tjrs tt justifié et c est fatiguant mais je trouve que le passage a l adolescence n est pas aussi dur que cela devait l etre ; il est poli et accepte mes conditions , enfin pour l instant peut etre ….. bon courage et surtout communiqué beaucoup , c est essentiel !

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    • 25/03/2015 à 15:09
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      Tu as de la chance avec Mat parce que moi c’est chaud de la braise à la maison. Mais…. héhé, j’e lâche du lest ! Car en effet, c’est bien cela la clef.

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      • 22/04/2015 à 13:28
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        et je confirme , il est content que je lui laisse de l autonomie tt en surveillant a coté !!

  • 25/03/2015 à 14:24
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    Mon petit Prince a 13 ans et demi, depuis la maternelle comme beaucoup de mamans comme moi je suppose, je suis convoquée à l’école plusieurs fois par an. En ce moment il est de moins en moins obéissant au collège (4ème) il refuse de noter les corrections, les leçons..etc Stresse pour un oui pour un non…Il a une AVS 21h par semaine et voit un psy une fois par moi (et ça se passe très très bien). A la maison il est calme et obéissant tout le temps, j’ai pris une étudiante 3 fois par semaine pour le faire travailler et ça se passe très bien aussi.
    Demain je suis encore convoquée par la directrice du collège, je vais encore entendre : « Vous comprenez madame, il a fait ça, il a contesté sa note, il n’a pas voulu prendre la correction etc etc… »
    Que dois-je faire???
    Il y a des hauts et des bas tout le temps depuis la maternelle, ça s’arrête jamais???
    Merci pour vos conseils.
    Une maman à bout de solutions.

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    • 25/03/2015 à 15:08
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      Une fois par mois la psy ? Ca me rappelle pour mon fils, où elle me disait « Mais il va très bien ! » et ne le voyait qu’une fois par mois, alors que mon fils refusait de faire les contrôles, se cachait dans les toilettes, essayait de s’enfuir de la classe. Visiblement, votre fils a aussi des problèmes que la psy ne voit pas, il est grand temps de changer : la Haute Autorité de Santé française a clairement dit que la psychanalyse n’avait pas fait ses preuves avec l’autisme et en effet : elle ne sert pas à l’autiste, elle a même tendance à le déservir.

      Mais bon, pour ce qui est du collège, vous avez raison, on s’est toute fait convoquées plusieurs fois par ans et j’ai élaboré une tactique qui marche très bien : il faut être ferme, très clair :
      1) Rappeler la vocation de l’éducation nationale, à savoir de permettre l’apprentissage de tous les enfants, autistes compris. Et là vous ajoutez que vous les remerciez de tout ce qu’ils font pour votre enfant en prenant compte ses difficultés

      2) Vous enfoncez le clou en leur rappelant que c’est clairement parce que votre enfant est scolarisé en milieu ordinaire qu’il a fait autant de progrès ( et là vous glissez 1 ou 2 progrès majeurs)

      3) Vous leur rappelez gentiement mais fermement que L’école, pour accueillir tout le monde sans distinction, doit s’adapter pour prendre en compte la diversité des élèves et permettre le meilleur accès aux apprentissages. Donc là en l’occurence, votre fils a des difficultés à l’école qui se traduisent par une grande angoisse et un refus d’obéir. Pour que cela cesse, il faut absolument le laisser tranquille, ce qui veut dire que c’est à l’AVS de prendre les corrections, puisque sa mission est d’aider l’élève. Ce serait d’une grande aide qu’elle prenne les notes à sa place, les corrections aussi, permettant à votre fils de mieux se concentrer en classe sur le cours, puisqu’il est angoissé par la production d’écrit ( CQFD)

      Bref, voilà, l’idée c’est de proposer des solutions tout en leur faisant comprendre qu’ils ne font que leur devoir en aidant votre fils. Et pouf.

      Montrez-vous forte, inflexible et sûre de vous et vous verrez que plutôt que de sortir de l’entretien démoralisée, vous serez au contraire fière de vous !

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      • 25/03/2015 à 15:33
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        Merci ça fait chaud au coeur de recevoir une réponse logique claire et constructive. Tout le monde (milieu scolaire) a tendance à croire qu’il le fait exprès d’agir de la sorte et qu’il est tout à fait capable d’obéir comme les autres puisque il obéit à la maison.
        Il n’a été diagnostiqué qu’à 11 ans mais j’ai toujours su durant toutes ces années qu’il était différent et qu’il avait besoin d’amour et de compréhension. C’est ce qui l’a « sauvé ».
        Merci pour ce blog et pour tous ces échanges. Je vous suis. 🙂

  • 10/11/2017 à 11:12
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    Bonjour et merci pour vos conseils. Je suis AESH (nouveau nom des AVS 😉 ) auprès d’un élève de 6ème TSA. Bien que ça fasse 7 ans que je sois AESH, c’est la première année que j’accompagne un ado TSA. Et j’avoue que des fois je suis décontenancée et je ne sais pas comment agir. L’idée du lâcher prise me parle bien, car c’est aussi souvent ce qui revient lors de notre mission : l’élève – surtout ado – a besoin qu’on le « lâche » un peu, car on est plus ou moins toujours sur leur dos… C’est surtout le cas avec des élèves avec troubles de l’attention et / ou très agités : on est sans cesse en train de leur dire d’écouter, de ne pas faire de bruit, etc. Et ça les saoule !! (Ils n’hésitent d’ailleurs pas à le dire) Et je les comprends. Mais, grâce à votre article, je vois que finalement, un ado autiste a besoin qu’on le lâche un peu aussi. Ce n’est pas facile, car j’ai l’impression que je ne respecte pas ma mission, je ne colle pas à l’emploi du temps mis en place en début d’année, et je culpabilise vis à vis du regard extérieur, même si je sais que c’est mieux pour lui…
    Merci pour vos articles en tout cas, toujours très utiles même quand on n’est pas parent… 🙂

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    • 02/03/2018 à 20:00
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      Bonjour à tous et toutes, merci pour tous ces messages 🙂 j’accompagne un adolescent qui refuse catégoriquement toute aide depuis quelques semaines… je cherche des « pistes », et moi aussi je sens qu’il faut lâcher… mais on me dit aussi qu’il lui faut un « cadre » pour être rassuré. Du coup je suis un peu perdue, comment faire pour le lâcher et en même temps lui donner ce cadre qu’il refuse pour le moment ?? je fais comme je peux, je suis là, j’essaie de lui écrire et d’arrêter de lui poser des questions, mais pour le moment il est trop replié dans son opposition, il est aussi très têtu 🙂 j’espère voir son éducateur, qui le suit depuis pas mal de temps apparemment, et j’espère qu’ensemble on trouvera des choses à mettre en place pour qu’il puisse être autonome et rassuré à la fois… merci mille fois pour tous ces témoignages, je me sens d’un coup « reliée »… Nathalie

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