Adolescent autiste : besoin d’un mode d’emploi !

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Le Petit Prince a Dit : « … par contre, tu ne me suis pas quand je vais voir P., d’accord ? »

Moi : « Euh, tu veux dire que ça te gêne de marcher à côté de moi ? »

Et oui, voilà, Le Petit Prince est un adolescent, il n’est plus mon petit garçon autiste qui avait besoin de moi. Et là, et bien… je suis perdue !

Il est loin le temps où je portais mon fils dans mes bras, où il s’accrochait à moi de peur de tout. Aujourd’hui, mon fils rêve de mettre 4 mètres entre lui et moi, parce que, vous comprenez, c’est trop gênant de marcher à côté de sa mère. Bon, je vous rassure, on n’a pas laissé cette histoire comme ça, nous en avons discuté avec lui et il a bien compris qu’il avait poussé le bouchon un peu loin. Mais dans l’idée, si je généralise je dirais que mon fils ne veut plus de mon aide.

Et oui, vous savez quand je me décarcasse pour trouver des solutions pour l’aider, comme de créer une liste pour qu’il n’oublie rien dans son cartable, et bien … j’ai l’impression que ça l’embête.

Voilà le coeur du problème : mon fils est autiste, il a donc besoin d’aide, de conseils ; mais il est un ado, et pour cela il veut s’affranchir de nous, pour devenir adulte par lui-même, pour gagner son autonomie.

Mon petit garçon me manque, celui qui me mettait ses cheveux dans mon visage pour sentir mon souffle et s’apaiser, celui qui prenait ma main pour la mettre sur sa tête et se sentir protégé, celui qui savait lire sur les plaques d’immatriculation avant même de commencer à parler.

Mais je suis si fière du beau jeune homme que je vois, éloquent, qui raisonne, qui me parle de la Russie comme s’il y avait été, qui a des copains avec qui il partage de longues conversations, qui a un grand sens de l’humour et des jeux de mots !

Alors moi, en tant que maman, je suis perdue ! Il faut tout réapprendre, il a tellement changé cet enfant… et finalement, c’est allé si vite ! Il n’y a même pas 10 ans qu’il a été diagnostiqué, et il y avait de quoi se faire du soucis. Mais aujourd’hui, je ne sais plus quoi faire : me résigner à le laisser passer son adolescence et rester là tout en le laissant prendre ses distances, ou continuer à persévérer à l’aider même s’il ne veut pas de mon aide (en l’écrivant, cette dernière solution me parait stupide …)

Alors je fais appel à vous ! Si vous avez des conseils, je suis preneuse ! Que faites vous pour vos grands enfants ? Les regardez-vous prendre leur envol sans intervenir ou  insistez-vous pour les aider ? C’est compliqué, parce que nous avons la responsabilité d’amener nos enfants à l’âge adulte, nous devons les éduquer, mais je crois qu’il faut trouver le bon dosage pour que ce ne soit pas une contrainte pour nous comme pour eux…

 

Je rajoute un témoignage de Jennifer, maman autiste, qui nous raconte son adolescence et son point de vue sur la question sur Facebook :

Alors moi ado j ai refusé l’aide de tout le monde et j’envoyais boulet sévère donc je me suis isolée de tous . Mes parents n’avaient pas la force de me suivre . Aujourd’hui, je regrette,car finalement je voulais mon indépendance mais sur beaucoup de points je me suis vite rendue compte que j avais besoin d aide. Par fierté peut-être mais demander de l’aide c’est pas mon truc . C’est compliqué car sur certains point il faut laisser l’autonomie dont chacun a besoin car nous sommes tous différent.

Aussi il faut laisser au Petit Prince l’autonomie dont il a besoin mais pas aussi lui expliquer que sans être un bébé ni un enfant il ne peut affronter tout tout seul. J ai essayé et j’ai fini par avoir de gros problèmes donc ado ok . Autonomie ok mais avec prudence . Le tout est de le faire comprendre.

Par contre je vous conseille de ne pas forcer ni prouver par A + B que sans vous il n y arrive pas . Juste que c’est plus sécurisant et que toute les mamans sont plus au moins mères poules . C’est le rôle d’une maman. Ma fille autiste de 8 ans me repète sans arrêt  : « c’est bon, je sais faire » , elle veut être discrète . Et qu’on l’oublie .

19 réflexions sur “ Adolescent autiste : besoin d’un mode d’emploi ! ”

  • 05/03/2015 à 18:21
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    Chère maman du petit prince, hélas je crains qu’aucune baguette magique n’existe…mon fils Asperger a 12 ans et nous sommes en plein dedans depuis 1 an !!!! J’ai en plus l’impression que chez eux ça commence plus tôt…Et oui c’est difficile de les lâcher, de prendre de la distance tout en étant toujours leur filet de sécurité, c’est difficile de ne plus avoir que des miettes de câlins et de bisous quand et surtout où ils le VEULENT, certainement pas devant qqun et encore moins devant des copains, ce qu’ils nous disent avec leur franchise habituelle, c’est du cash et ça blesse mais il faut serrer les dents….

    Mais voilà en fait ils deviennent des ados comme les autres et finalement avec le recul c’est rassurant et ça fait du bien de dire « comme les autres ». En fait qui est dépendant de l’autre? La relation s’inverse et c’est dur, oui, comme toutes les mamans qui lâchent leurs enfants petits à petit car c’est pour ça qu’on se bat depuis toujours…pour pouvoir les lâcher un jour.

    Ils ont besoin de nous malgré tout, comme pour faire ses satanés lacets ( d’ailleurs encore merci pour ce super site avec les lacets en tortillon!) !!! Mais voilà, il faut que nous apprenions à être disponible sans pour autant anticiper tous leurs besoin car ils apprennent aussi comme ça, comme me l’a dit une fois une formidable infirmière  » Me X, laisser le se planter de temps en temps, ça fait mal mais ça l’aide à grandir ».

    Des bonnes paroles peut être, un peu facile à dire? Je suis aussi très fière de mon petit prince qui rêve d’aller habiter au Danemark pour travailler chez Lego et tout ce que je lui souhaite c’est de l’avoir suffisamment aidé à grandir pour qu’il réalise son rêve tout seul sans avoir besoin de moi, et comme il me l’a dit une fois « maman quand je serais grand et que tu seras vieille je te prendrais sur mes genoux pour te faire des câlins » et ça c’est mon cadeau Bonus!!!!

    Courage chère maman, nous y arriverons,
    Amitiés
    Petite Fleur

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    • 09/03/2015 à 13:07
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      Merci Petite fleur de votre réponse, parce que déjà, dans votre premier paragraphe, vous plantez parfaitement le décor ! Oui, j’ai bien reconnu mon fils dans vos mots, et la suite de votre propose ne manque pas de justesse : oui, il faut les laisser se planter de temps en temps. C’est juste la frustration , la notre, qu’il faut savoir ajuster, quand on voit que comme Ducros on se décarcasse pour les aider, et qu’ils n’écoutent pas nos conseils.

      Arffff, moi je souhaite que le rêve de votre fils se réalise, qu’il parte au Dannemark chez Lego et qu’un jour il soit grand pour vous prendre dans ses bras !

      Bises

      Réponse
  • 05/03/2015 à 18:53
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    Ton article apporte la réponse à ta question… Le mieux est en effet de trouver ce juste milieu entre le laisser de plus en plus autonome et continuer à quand même être présent car il a encore un petit bout de chemin avant d’être adulte ! Au niveau de sa particularité qui est l’autisme, je dirais attention à ne pas oublier qu’apprendre passe par faire ces propres erreurs, maintenant que tu lui as donné de solide béquilles c’est important qu’il apprenne à marcher avec tout seul même si ça veut dire tomber. Et pour finir, je dirais d’être surtout présente là où il en a le plus besoin c’est à dire le domaine social !

    Réponse
    • 09/03/2015 à 13:10
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      Oui merci de ta réponse, en effet il faut que je lâche la bride, qu’il fasse ses erreurs, tout ça, et que j’apprenne aussi à être moins dirigiste finalement. Plus de souplesse ne va pas nuire à nos rapports, bien au contraire… Halalala, tout ce que je dois apprendre encore ! Je t’explique pas la tâche qui m’attend, parce qu’il va falloir vraiment que je change de comportement à son égard, et c’est pas simple…
      Merci de ton intervention !

      Réponse
      • 13/03/2015 à 17:56
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        moi aussi y a deux ans , je me suis dis , allez faut qu il devienne autonome dc lache le un peu et puis s il;commet des erreurs , bah je serais la ! c est dur mais il faut passer le cap et c est pour son bien . moi aujourd hui aucun regret et d ailleurs il est de plus en plus autonome et viens me voir des qu il a besoin d un conseil .

  • 05/03/2015 à 20:32
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    Le mien a 12 ans dyspraxique plus TED et c est pareil il a fait des progrès pour arriver à parler avec ses camarades alors qu avant c était ultra laborieux mais maintenant il commence à contester tout alors il faut argumenter à longueur de temps. Mais il a encore besoin de beaucoup d aide aussi bien pour se déplacer que pour les devoirs car l autonomie n est pas complète.J argumente et j essaye de le convaincre mais de temps en temps je lâche sur certaines choses.
    Je suis votre site depuis 2 ans environ et je trouve que vous êtes une super maman

    Réponse
    • 09/03/2015 à 13:16
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      Merci Robert pour votre compliment, ça me touche !
      Alors moi je me souviens pour le Petit Prince, c’était dur parce qu’il fallait tout le temps argumenter aussi, on bataillait sans cesse. Pour un enfant ordinaire, on aurait dit qu’il « répondait » mais nous on sait bien que c’était autre chose. Je pense que le fait que nos enfants « répondent » n’est pas de l’insolence mais qu’ils ont derrière de vraies questions qui les taraudent, et même les angoissent, et qu’ils ont besoin de nous voir argumenter car ils ne comprennent pas notre raisonnement, et pourtant ils cherchent à ce qu’on les rassure… et avec le recul, je crois que c’est peine perdue. Quand mon fils en était à cette phase délicate, il trouvait tout injuste, on avait beau lui expliquer, cela ne rentrait pas dans son cadre et donc on ne pouvait pas le rassurer. Maintenant je me demande si je trouverais les mots pour le rassurer, non pas en répondant à ses questions, mais en essayant de gratter derrière pour connaître ce qu’il n’exprime pas.

      Pas facile en tout cas ! J’espère que ça ira vite mieux pour votre enfant, je vous souhaite beaucoup de courage pour la suite !

      Réponse
      • 09/03/2015 à 20:23
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        merci votre réponse m’a fait plaisir car je me suis beaucoup servi de vos exercices pour aider Vincent et je me retrouve beaucoup dans vos réactions avec votre fils, j’ai mis beaucoup de temps pour arriver à faire parler
        Vincent de ce qui le faisait souffrir , malheureusement souvent les autres enfants à l’école.
        Depuis son entrée au collège, il s’est épanoui et arrive à discuter avec quelques petits copains même si c’est encore laborieux car il a encore du retard à rattraper car il gardait tout pour lui jusqu’à 11 ans environ.
        Aujourd’hui, il a aussi envie que je le lache un peu alors j’essaie de de faire, mais je lui dis qu’il n’hésite surtout pas
        à me demander s’il a besoin d’aide.
        J’espère qu’il arrivera petit à petit à se débrouiller de mieux en mieux, car je me bat comme vous pour ça.

  • 05/03/2015 à 23:02
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    je n’ai pas lu les com précédents parce que j’ai une intuition toute personnelle : le laisser apprendre tout quand il demande d’apprendre tout seul…c’est déjà tellement inespéré quand on fait le bilan d’avant (après le diagnostic, après avoir géré des tonnes d’apprentissages…). La voie du prince : faire une confiance absolue et aveugle pour faire valoir sa capacité d’adaptation et d’apprentissage. Ils apprennent autant ou plus quand on est pas là (je précise : à condition que cela ait été intégré à leur existence très tôt…et c’est le cas). Lâchez !!! La confiance est la clé. La seule chose à ne pas lâcher : l’échange des émotions et la communication. C’est tout. On lâche sur tout sauf sur les échanges. Bonne route à tous les deux.

    Réponse
    • 09/03/2015 à 13:18
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      Merci Sandrine, au travers de votre commentaire, je retrouve la trame de ce qui me manque et donc la réponse à ma question : il faut que je lâche ! Et c’est un véritable défi qui m’attend, mais je crois que c’est tout à fait indispensable, justement, pour continuer à créer du lien avec mon fils, à échanger avec lui. Il faut que j’apprenne à gérer mes émotions et ma frustration quand je vois qu’il ne suit pas mes conseils…
      Pas facile, mais OK, c’est mon défi. Je l’accepte !

      Bises

      Réponse
  • 06/03/2015 à 17:27
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    la mienne a 20 ans. Nous connaissons le Dx depuis ses 18 ans seulement. Pour elle, tout est «privé», elle ne se sépare pas d’un mot sans une bonne raison, mais peut argumenter de «midi à 14 heures» (expression québécoise) pour certains trucs simplistes. Perso, j’ai pris l’habitude de lui écrire. Elle est excellente lectrice. Ça lui demande beaucoup moins d’effort que d’écouter. En général, après une période de réflexion, nous pouvons nous parler. J’ai l’habitude de dire que, pour moi, un ado TSA, c’est comme être ado «au carré», donc ado x ado!

    Dans le cas de ma fille, plusieurs de ses caractéristiques As ressemblent déjà à des traits de caractère adolescent. Nous pouvions le dénoter déjà quand elle n’avait que 9-10 ans. Donc…

    Réponse
    • 09/03/2015 à 13:22
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      Alors j’adore le ado « au carré » parce que je pense que c’est tout à fait ça ! Comme je le disais à Robert, dans un commentaire plus haut, moi aussi j’ai longtemps argumenté avec le Petit Prince qui passait son temps à faire de même. C’est franchement moins le cas maintenant, et j’avoue, c’est moins fatiguant.

      Je trouve que le fait de lui écrire est une excellente chose si votre fille arrive à l’intégrer, c’est top. Mais ça ne marchera pas avec le Petit Prince, il n’aime pas lire et il a du mal dans la compréhension écrite. Mais je retiens voter idée pour la conseiller à d’autres parents qui pourraient en avoir besoin !

      Merci Liette !

      Réponse
  • 07/03/2015 à 22:02
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    Ah ma fille a 17 ans et autiste, alors bon, quand je pense aussi à mon adolescence, je dirais qu’on est juste des êtres vivants, du genre humain :-p , et que forcément, on vit nous aussi ces phases de demande d’indépendance, de marquer son territoire, de s’émanciper (ça ne veut pas dire qu’on n’aime plus ses parents et qu’on n’a plus besoin d’eux, mais le besoin change, il évolue)…

    Grandir, c’est aussi accepter les responsabilités, et de s’assumer. Je pense que les parents réalisent cela différemment selon leur propre vécu à eux. Je me trompe ?

    Personnellement, je savais que ce moment viendrait et je savais que j’allais devoir mettre aussi pour elle de la bonne distance, être là mais pas trop, la laisser se débrouiller, quitte à faire ma « mauvaise mère » d’occasion, dans certains cas, comme oublier de faire le dîner, pour la pousser à prendre des initiatives et ça marche. Ou lui donner des missions, comme penser à ses affaires, seule, et la laisser assumer seule ses oublis si y a oubli. Je prévenais bien sûr la prof en ULIS et je lui disais qu’Océane devait préparer ses affaires, ça a commencé aussi par les vêtements qu’elle voulait choisir seule (bonjour le style et l’association de styles et de couleurs ! aie aie aie !) Bon j’ai quand même pris un air horrifié pour demander si elle comptait vraiment sortir dans cette tenue et là je lui ai dit que même les garçons se moqueraient d’elle, alors….si les garçons se moquent, on va pas mettre ça, du coup, j’ai dit le mot magique !

    C’est vrai que aujourd’hui, ma fille se préoccupe de son look, chose qu’elle ne faisait pas du tout avant, elle se maquille même pour faire du sport (hum ! là je suis mdr car je n’ai pas moi même eu ce genre de comportement), c’est marrant car à ce jour j’ai beaucoup plus de pensée à l’éduquer par rapport à l’adolescence, les conseils d’une maman qui essaie d’être dans le coup, de parler des choses intimes, etc… que d’autisme à proprement parler. D’autant que nous sommes autistes toutes les deux.

    Je voudrais dire ceci, il faut laisser les ados autistes être des ados, tout simplement ! Il ne faut pas tout mettre dans la pochette autisme, car l’autisme ne fait pas de nous des personnes qui ne grandissent pas et n’ont pas des besoins comme les autres en fonction de nos âges et aspirations.

    Ma mère a eu des réactions très violentes de ma part à l’adolescence, j’étais arrogante et je pense que je devais avoir un coté tête à claques et ma mère ne marchait pas dans mes provocs, elle courrait ! Mon père lui était beaucoup plus cool, prenait de la distance par rapport à tout ça, bon ils ne savaient pas que j’étais autiste, à l’époque ça ne se diagnostiquait que si on était mutique. Donc, mes parent ont géré comme ils pensaient pouvoir gérer. Ils ont fait des erreurs, je ne dis pas, mais globalement, ils ont serré les dents et ont espéré que je ne ferais pas de mauvaises rencontres, ma mère m’a fait voir un film sur la traite des blanches qui m’a traumatisée, mais bcp servi, car au moins, j’ai pas pris de risque inconsidéré lorsque je sortais, je me souvenais que je pouvais être kidnappée et que pouvais faire des mauvaises et malheureuses rencontres. D’ailleurs ça m’est arrivé, mais j’ai réagi rapidement lorsque j’ai senti un danger.

    Ma fille, elle, n’est pas intéressée par les sorties nocturnes, moi j’étais fascinée par le milieu de la nuit, par la nuit en elle même et puis j’avais une bande de copains d’enfance que mes parents m’avaient mis dans les pattes, puisqu’ils fréquentaient leurs parents assidument, donc j’avais pas le même parcours, je sortais avec eux et je suivais le mouvement.

    J’ai commencé à sortir en boîte de nuit à 18 ans, j’ai aimé ces sensations, il y a des boîtes qui ouvrent le dimanche après midi pour les 16 ans et plus, mais ils sont très observés et ils n’ont pas le droit de boire de l’alcool. Je trouve que c’est bien de vivre des expériences de jeune de son âge, même si on est autiste, car on reste des jeunes de notre âge. Après selon les affinités, bien sûr. Si un jour je retourne dans la boîte où j’ai été plus jeune, j’emmènerais ma fille, mais bien sur, elle aura droit à un briefing et j’encadrerais cette sortie avec attention.

    Sinon, les sorties au resto entre mère et fille se font depuis un moment déjà, on a des activités aussi de personnes lambda, on est autistes, mais on doit soigner notre apparence, je suis passée par là avec des copines, ma mère n’étant pas dans le coup, j’ai du trouver des amies de lycée pour m’aider à affiner mes choix vestimentaires et de maquillage.

    Voilà, je pense qu’il y a aussi des livres sur l’adolescence et des manifestations qui en résultent, c’est bien, j’en ai pris deux sortes, un plus technique et un peu plus « divertissant ». On n’a pas de sujet tabou, on peut parler de tout avec ma fille, je ne pense pas qu’elle ait cette notion de « honte », mais d’émancipation. C’est important de respecter cette distance qu’ils réclament, on peut l’encadrer bien sur, mais moi je la trouve saine. Je ne suis pas catastrophée.

    Je trouve sain de ne pas rester collée à moi, puisque je suis sa mère, je comprends qu’elle a besoin de faire sa rébellion. De faire sa syndicaliste en proie à des sursauts d’injustice qui me crie qu’elle a des droits. Je me suis même demandée si elle ne défilerait pas avec des banderoles avec des slogans (le chat qui s’y mettait aussi)…. et non, j’ai lu le code civil sur les droits et les obligations et elle s’est calmée sur les revendications lorsqu’elle a compris que si je me limitais aux droits et à mes obligations, elle risquait d’y perdre en confort… donc, elle a reconsidéré le « patronna » avec un oeil moins critique et maintenant, c’est elle qui demande à me tenir la main dans la rue, marrant, elle qui voulait se sauver et me criait de la laisser tranquille et que je ne l’approche pas de trop près….

    Je reste à ma place. Je ne lui facilite pas la vie, je pense qu’elle peut maintenant se prendre en mains pour pas mal de choses, dans la rue je reste alerte car elle est phobique de pleins de choses, du coup ça peut partir en vrille si elle croise un chantier ou qqu’un qui utilise un engin électrique qui fait bcp de bruit, ou des chiens (elle surmonte mieux les chiens avec le temps, les travaux, eux c’est très dur, je dois demander aux gens d’arrêter l’appareil en question juste qques secondes le temps de passer, je ne contourne plus le chemin). On va dire que l’autonomie dans la rue est encore à travailler, mais à la maison, j’ai une ado de 17 ans et elle fait ma fierté chaque jour !

    Alors, pas de souci, ils grandissent, on savait qu’ils en arriveraient là un jour….c’est bien, ça prouve qu’ils vont pouvoir vivre le plus normalement possible et qu’on pourra ranger un peu nos craintes au placard, ou les diminuer….

    Je dirais que globalement, c’est un passage obligé et que c’est notre réaction et notre capacité à rebondir et à saisir l’opportunité de pouvoir leur montrer qu’on n’est pas si ringardes et qu’on est encore dans le coup, mais faut garder une juste distance, les laisser se tromper aussi, les laisser assumer certaines erreurs (oublis de cahier ou autre)…. et que à moins qu’ils ne nous le demandent, les laisser encaisser les réflexions sur leurs oublis ou leur look. Tant qu’il n’y a pas risque de mort imminente, faut les laisser expérimenter.

    Se débrouiller pour se faire à manger, moi j’ai été surprise de voir qu’elle préférait se préparer un légume en boîte avec des lardons ou du saumon que de manger des chips ou des gâteaux….comme quoi, je l’ai bien éduquée !

    😉

    Réponse
    • 08/03/2015 à 13:20
      Permalink

      Oui il faudra apprendre à les laisser faire leurs expériences comme les autres ados tout en étant présents pour les aider quand c’est nécessaire. Je pense que le plus important est qu’ils ou elles aient confiance en nous pour
      pouvoir nous parler et êtres aidés en cas de besoin. Ils sont tous différents selon leur age et leur degré d’atteinte par le handicap mais l’objectif est bien pour nous toutes je pense est d’arriver à leur faire gagner en autonomie pour
      qu’ils ou elles puissent être heureux dans la vie.

      Réponse
      • 09/03/2015 à 13:32
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        C’est tout à fait ça Robert, « leur faire gagner en autonomie » et ça veut dire aussi « leur faire confiance ».

        Alors il faut que je montre au Petit Prince que je lui fais confiance.

        Je crois que je vais me noter toutes ces idées/ défis sur un tableau pour ne pas les oublier ! 😉

      • 09/03/2015 à 14:28
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        Hihihihi mais oui Elvire ! Tu vas y arriver ! C’est pas évident, car on ne les voit pas grandir, mais bon, faut aussi penser qu’on a une mission et que notre mission c’est de leur donner les clefs pour leur avenir, que si on s’entend bien c’est super, mais que le principal c’est de leur inculquer les règles pour qu’ils puissent arriver à tracer eux même leur chemin, et leur destination, et que même si sur le chemin y a des ratés, c’est pas grave, c’est comme ça qu’on apprend. On n’a pas le choix. On ne peut pas les faire vivre sous cloche. Un jour on ne sera plus là pour les relever ! Ils devront apprendre à se relever seuls…. et plus tôt ils commencent et mieux ils y parviendront et seront fiers d’eux !

        Y a des parents qui ne peuvent pas accepter que leur enfant fasse des expériences seuls. C’est bien la copine, dis donc ! Super ! Tu vois, c’est bien déjà !

        Je vais déléguer l’autonomie à l’extérieur à qqu’un qui peut se coltiner le bruit et ne souffre pas de ses sens saturés à l’extérieur, mais à la maison c’est moi qui gère l’autonomie et elle se débrouille bien…. surtout quand on pense qu’on me disait qu’elle ne pourrait même pas être scolarisée, qu’elle était même pas bonne à enfiler des perles ! Et qu’elle ne ferait que des gribouillages infâmes toute sa vie !

        Y a des gens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez (les psy) et qui découragent les parents, les angoissent. Au lieu de leur dire qu’ils vont devoir se remuer pour faire de leur gamin un adulte épanoui et capable, ils leurs donnent de mauvais présages et les font flipper comme des malades !

        Mes parents ils ne savaient pas pour mon autisme, ils ont fait comme ils ont pu en vu de ce qu’ils savaient de moi. Ils ont pensé qu’un jour ils ne seraient plus là et qu’il faudrait que je me frotte à la vie le plus tôt possible. Je pense que ma mère a surement eu des sueurs froides et surtout vu mon tempérament indépendant, elle a du craindre sans cesse. Mais aujourd’hui, elle comprend, grâce au diagnostic finalement elle se dit qu’elle a bien fait car elle est fière de ce que je suis devenue alors qu’elle n’arrêtait pas de me dire que je ne foutrais jamais rien de ma vie avant ! Et que j’étais une glandeuse, instable. En fait, aujourd’hui, je sais faire pleins de choses différentes et on m’envie et on ose même me dire que mon diag doit être faux parce que je suis capable et pas empotée…. mais peut être que je n’aurais pas été capable si mes parents m’avaient trop couvée et que j’aurais pas appris à mes dépens à me débrouiller. Tu vois, parfois faut se faire violence. L’instinct de survie ça ne s’apprend pas dans les livres, c’est la vraie vie l’école.

        Mais tu vas y arriver, j’en suis persuadée ! Bien sûr, faut accompagner, il sait qu’il peut t’appeler si jamais y a un souci. Mais parfois, même quand ma fille m’appelle je fais la sourde oreille (pour le laçage des chaussures, ou pour d’autres trucs, elle a appris avec son ergo, mais elle avait tendance à vouloir que je le fasse à sa place, pas envie de se casser un ongle la poulette…ben j’ai dit non j’ai pas que ça à faire, j’ai été « méchante et sadique » et tout ça…. mais en y arrivant, j’ai vu la fierté dans son regard et son petit sourire en coin qui disait « je sais que tu as raison, mais je ne te le dirais pas ».

        Aujourd’hui, quand je ne suis pas sadique, je suis la « meilleure des mamans » et elle dit même que c’est grâce à moi qu’elle réussit. Bon, je ne lui demande pas tant, d’autant qu’elle n’arrête pas, les éloges ou alors le coup de massue de la mère sadique et méchante ! ahahahah la rançon de la gloire que veux-tu ! :-p

        Ah oui la syndicaliste je l’ai prise au mot, pas de problème j’ai dit, on prend le code civil, ça tombe bien j’en ai toujours un sous la main, et hop, mais oooooh qu’est ce que je vois là ???? Oh mais tu sais que si je m’en tiens à la stricte loi je n’ai pas à te payer les Hello Kitty, tu dois avoir un toit sur la tête, avoir de quoi manger, pas c’est pas marqué que c’est le plus cher que tu dois avoir, c’est pas le rose à paillettes que tu dois avoir c’est pas marqué les paillettes et Hello Kitty et tout le reste, les livres l’ordinateur, le grand écran, etc etc…. aaaaaah tu es malheureuse d’avoir tout ça ? Ok, j’enlève ça pour être en conformité avec la loi ! Et là, je lui ai dit je te laisse réfléchir, tu me diras ce soir si finalement tu renonces à tes privilèges ou si le patronna finalement moins salaud que ce que tu pensais…. bon, finalement, elle a réfléchi et m’a dit le soir même qu’elle regrettait et qu’elle n’avait pas mesuré qu’en effet elle était plutôt privilégiée….je lui ai laissé le code civil pour s’en assurer…. elle a du se dire que finalement, si elle cherchait à négocier plus elle aurait moins… Bon, je ferais une bonne patronne je crois. Et ma fille une syndicaliste mesurée. :-p

        Moi je prends au mot, je suis peut être trop autiste pour ma fille… hihihi comme quoi…. ça aide mais ça fait aussi que pour certaines choses, c’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace…. non ? c’est pas ce qu’on dit ? :-p

        Oui oui sont rusés les filous ! Faut pas te laisser avoir non plus ! Mais c’est bien, il veut devenir grand, c’est que la mienne durant des années elle luttait pour rester petite….elle ne voyait pas l’intérêt de grandir et ça lui a pris d’un coup.

    • 09/03/2015 à 13:30
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      Ah tu m’as fait rire pour la phase syndicaliste : j’en ai un aussi à la maison ! Oui parce que « j’esclavagise » mon enfant quand je lui demande de m’apporter de l’eau, ou de descendre son linge sale tu comprends …. 😀
      Blague à part, je suis contente que tu m’apportes cet éclairage et encore une fois, tu mets le doigt sur un point qui est évident pour tous, même pour moi, sauf que je n’arrive pas à l’appliquer : LACHE LA BRIDE ELVIRE !

      Je ne sais pas comment faire, je te jure, il faut que je change, que j’accepte de lâche la bride sur certaines choses, sachant que déjà je le laisse faire pas mal d’expérience, comme vendredi dernier il est allé seul chez une copine, etc etc. Sur les points de liberté ou d’indépendance, ça ne me pose pas de problème. Mais je deviens hystérique quand ça touche à sa sécurité, ou à la scolarité, ou à sa santé/ hygiène.

      Bon bon bon, si toi, tu y arrives avec ta fille, je devrais y arriver aussi. Défi accepté !

      Merci Nath, tu es toujours de bon conseil…

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  • 10/03/2015 à 08:27
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    Bonjour à tous et à toi maman du petit prince, j’ai trouvé touchant de lire tous ces commentaires car je me rend compte que nous sommes tous d’accord sur un point: LACHER!! Ca nous fait tous mal mais c’est pour eux que nous le faisons, nous nous posons tous les mêmes questions et finalement nous sommes tous des bons parents pour nos enfants !!!! ( C’est peut être bateau comme expression mais l’autosatisfaction ça fait aussi du bien de temps en temps). Courage à nous tous. P.S j’ai beaucoup rit à l’expression « ados au carré » et je pense qu’elle va resservir !!

    Petite fleur

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