Ados autistes : les grands oubliés

Ados autistes : les oubliés du plan autismeJ’ai l’impression, quand on parle d’autisme, qu’on ne parle que des enfants autistes. Dans les reportages, les témoignages de parents, on voit souvent des petits enfants, des moins de 10 ans. De temps en temps on donne la parole à des adultes avec autisme. Mais les ados autistes ? 

J’ai mis du temps à comprendre ce qui cloche. Aujourd’hui, il y a énormément d’efforts qui sont faits pour faire des diagnostiques précoces chez les enfants, et la science en matière d’autisme ne chôme pas ; récemment j’ai même lu un article qui disait que l’on pouvait détecter l’autisme via un IRM cérébral chez les bébés , et c’est super.

Mais si on fait tout ça, c’est aussi que par ailleurs il faut mettre des moyens en oeuvre pour prendre en charge ces très jeunes enfants auprès de professionnels de l’autisme afin de les aider ; ça, pour le coup, ça prend beaucoup plus de temps on dirait. On sait ce qu’il faut faire mais trouver des centres qui proposent des thérapies comportementales, des orthophonistes et psychomotriciens vraiment au fait de l’autisme, c’est tout de suite plus compliqué mais allez, on va dire, si on est très positif, que ça ne fait que s’améliorer d’année en année.

Donc en gros, chez les enfants , on sait comment diagnostiquer leur autisme et comment les aider. OK. Mais moi j’ai l’impression que tout le monde a oublié que les enfants grandissaient. Et qu’un beau jour, genre vers 11 -12 ans, ils commencent à passer à l’âge de l’adolescence. Et là, c’est silence radio.

Parce que visiblement, on sait faire avec les jeunes enfants, mais on ne sait pas faire avec les ados autistes.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que j’ai justement un ado autiste à la maison. Que s’il a été diagnostiqué à 5 ans, je trouve que c’est pas mal, bien qu’un peu tardif par rapport à maintenant et je suis relativement satisfaite de la prise en charge qu’il a eue quand il était petit, même si à cette époque (pas si lointaine !) les méthodes ABA, TEACCH ou 3I n’étaient pas du tout connues et donc mon fils n’en a pas bénéficié. OK.

Mais aujourd’hui, et bien, personne ne sait l’aider. Et ça c’est dingue.

Je vous explique : mon fils est juste suivi au CMP de ma petite ville, il y va avec plaisir les mercredi à un groupe de parole entre ados, cela permet au psy de le suivre et moi ça me rassure : si jamais il y a un soucis, je sais que tout de suite le CMP va réagir et va nous aider (déjà arrivé, et ils ont été super présents). Du coup l’autre jour la nouvelle assistante sociale du CMP me donne rendez-vous, et je lui raconte que si mon fils a vraiment progressé de manière spectaculaire au niveau des interactions sociales, il a de vraies difficultés scolaires, dans les apprentissages en général, dans la mémoire immédiate et ça le pénalise au quotidien. Du coup au lycée, les profs font ce qu’ils peuvent pour l’aider, mais à la maison, Le Petit Prince s’angoisse face aux devoirs, a du mal à apprendre ses leçons, doute de lui etc. Pourtant, je suis persuadée que c’est juste un problème de méthode, de mise en place d’une routine rassurante pour être dans de bonnes conditions pour apprendre, de concentration et de mémorisation aussi. Alors j’ai cherché, vraiment, comment aider mon fils.

Et voilà que je me retrouve dans la position délicate de maman, thérapeute et chercheur. Maman car avant tout, je suis sa mère ; thérapeute  car quand on a son enfant qui est bien pris en charge, les professionnels nous disent en général ce qu’il faut faire à la maison pour prolonger les effets de la prise en charge (c’est le cas du PECS par exemple qu’on n’applique pas juste en séance mais à la maison aussi) ; et puis là je suis chercheur : à moi de trouver comment fonctionne mon fils et comment je peux trouver des solutions pour lui faciliter l’apprentissage, particulièrement l’apprentissage scolaire.

Et donc, je raconte tout cela à l’assistance sociale qui me dit que banco, elle va chercher des professionnels capables d’aider mon fils et elle me rappelle sans faute.

J’ai donc attendu 3 semaines avant qu’elle me rappelle, désolée de n’avoir trouvé PERSONNE. 

Grosso modo, on sait prendre en charge un enfant avec autisme car on sait ce qui est primordial d’acquérir dans un premier temps : le langage, les interactions sociales, la motricité, la théorie de l’esprit. Et une fois que tout cela est acquis (bon, à des degrés divers, bien sûr) on fait quoi ? Ben on ne sait pas. Or l’autisme ne se limite pas à cela. C’est une forme de pensée différente, qui nous oblige à revoir notre schéma traditionnel de pensée pour pouvoir aider les jeunes autistes à déployer leurs ailes.

Parce que si tout le monde est d’accord pour dire que la place des autistes est à l’école, il faut aussi leur donner les moyens de réussir à l’école, puis au collège, puis au lycée, puis leurs études supérieures.

Clairement je pense que mon fils va bien aujourd’hui parce qu’il a été à l’école ordinaire et que cela lui a permis de travailler en dehors des séances avec les spécialistes le langage, les interactions sociales, la motricité et la théorie de l’esprit. Et à cette époque, on se foutait des notes qu’il avait à l’école parce que clairement l’enjeu n’était pas là.

Mais aujourd’hui… l’enjeu c’est qu’il ait une base de connaissances solide qui lui permette d’avoir un métier qui lui plaise. Ca parait si fou que ça, de vouloir que mon fils ait un métier ? Moi, j’ai envie que mon fils vole de ses propres ailes, j’ai envie d’avoir les larmes aux yeux le jour où je l’aiderai à emménager dans un studio, où il arrivera avec son premier bulletin de salaire ! Pourquoi n’y aurait-il pas droit ?

Mais moi, toute seule, je ne peux pas l’aider encore plus que je ne le fais déjà. Je ne peux pas en plus devenir chercheur pour trouver les moyens qui vont l’aider.

Alors je lance un appel, un vrai appel : où sont les spécialistes de l’autisme capables d’aider les ados autistes ? Qui sont-ils ? Que font-ils ? J’aimerais en discuter avec eux, car là, j’ai vraiment besoin d’aide aujourd’hui, et demain, se seront des milliers d’enfants avec autisme qui entreront au collège ou au lycée qui auront aussi besoin d’aide !

 

 

24 réflexions sur “ Ados autistes : les grands oubliés ”

  • 27/02/2017 à 17:15
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    Bonjour, Je suis dans le même cas que vous, mon aspi a 15 ans et est en seconde avec 21h d’AVS par semaine. Et surtout après avoir vu le film « Adam » hier soir, l’histoire d’un jeune adulte asperger et tout ce qu’il peut rencontrer comme problèmes dus à ses difficultés relationnelles, je ne suis pas rassurée. Tant que je suis là pour lui dire ce qu’il doit mettre comme vêtements, prioriser ses devoirs scolaires etc.. tout va bien. Mais après ??? Il m’a déjà dit qu’il n’aurait jamais de petite amie, c’est « trop compliqué pour lui « .. Alors aurai-je un jour la joie comme vous l’écrivez de l’aider à emménager tout seul à le laisser voler de ses propres ailes???

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    • 09/03/2017 à 15:46
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      Bonjour Magali, alors je crois que le truc à garder en tête, c’est ne pas se mettre de limite. Ne pas se dire : « Jamais, il/elle ne fera ci ou ça » parce que clairement on se conditionne et dans ce cas là, il n’y a aucune chance pour qu’au final votre enfant fasse au-delà de ce qu’on lui a imposé en lui disant qu’il n’y arriverait jamais.
      Côté enfant, évidemment, moi mon fils a tendance à voir le verre à moitié vide, il se met des barrières, il a peur et là, c’est vrai que c’est pas facile de lui faire changer d ‘avis…

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      • 11/03/2017 à 07:07
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        Ne pas poser de limite au possible c est tout à fait ça, mon fils de 16 ans à fait des progrès spectaculaires. Il est asperger dysgraphique et tda . Il y a 4 ans et demi à son entrée en Ulis collège il avait un niveau de ce1 aujourd’hui en 3eme ordinaire avec une avsi il a 17 de moyenne. Il a eu son code et vient de commencer la conduite. Il a fait un stage de 3 eme dans l astrophysique. Va passer le dnb . A sa place en lycée général. A quelques copains. Nous avons eu la chance extraordinaire de trouver un établissement scolaire à l ecoute et qui s adapte. Il est surmené en ce moment et tous les profs jouent le jeu le rassure et l ont dispensé de devoirs maison le tps qu il récupère. Je sais que c’est un parcours atypique et que tous n’en arriveront pas forcément la mais ne rien lâcher chercher des solutions ne pas se mettre de limites c’est la seule façon de les accompagner.

  • 27/02/2017 à 19:06
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    Dans mon boulot avec les autistes je me suis vite rendue compte qu’effectivement il n’existe pratiquement rien pour aider les ados autistes ici non plus. Bon nous sommes sur une petite île direz-vous.
    J’ai eu l’occasion d’accompagner un autiste de 19 ans ds son apprentissage dans une compagnie qui connaissait sa situation et là aussi personne n’a finalement pu l’aider à garder son boulot car personne ne voulait passer du temps a contrôler ce qu’il faisait.
    Mais les autistes sont aussi intelligents et créatifs et donc nous devrions prendre le temps d’explorer avec eux leur(s) passion(s) ou leur centre d’intérêt et de voir si il leur serait possible de faire ce qu’ils aiment indépendamment. Il y en a d’autres dans la vie qui sont devenus entrepreneurs avec succès pourvu qu’ils soient bien entourés là où ce serait nécessaire. L’école c’est pas toujours tout et surtout c’est pour leur apprendre à se conformer et devenir les robots de notre société. Hors les autistes sont en général non-conformistes donc comment pourraient-ils s’adapter à un système qui en fait n’est pas fait pour eux?
    Je pense sincèrement qu’il faudra oublier l’école classique et inventer un nouveau système d’apprentissage spécifique autour de leurs centres d’intérêts, fait sur mesure, et qui leur permettra de devenir les jeunes nouveaux entrepreneurs de demain et non les robots que nous connaissons tous et qui sont tellement malheureux dans leur situation.

    Réponse
    • 09/03/2017 à 15:48
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      Je suis complètement d’accord avec vous Myriam. Il faut trouver d’autres moyens d’apprendre. Les autistes ne sont pas mois créatifs ou moins intelligents que les autres. D’ailleurs il y a quand même de plus en plus d’entreprises ayant compris leur potentiel et qui recherchent ce type de profil et les intègrent afin qu’ils travaillent dans des conditions sereines. Mais bon, toutes les entreprises ne sont pas encore prêtes à cela.

      Réponse
      • 14/03/2017 à 16:53
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        Réponse à lepetitprinceadit et non à Kash: oui exactement. L’éducation n’a jamais été inventée que pour fabriquer des moutons bien sages, pour les conformistes. Or voici que depuis pls années nous avons sur les bancs d’école des enfants qui ne se conforment pas. Que faire?
        C’est grâce à ces enfants qu’aujourd’hui une discussion bat son plein un peu partout ds le monde suite à la réalisation que ce système ne répond pas aux besoins ni attentes de bcp et qu’en fait à l’heure actuelle l’éducation à prouvé qu’elle faisait faillite totale devant la situation économique des dernières années. Si elle avait été un succès les gens seraient épanouis et feraient un boulot qui leur plaise.
        Cpdt l’éducation ne nous a pas préparés à entreprendre ni créer face au malaise économique, bien au contraire: nous avons reçu un lavage de cerveau depuis notre plus jeune âge pour nous apprendre à aller tendre la main ds les entreprises pour recevoir une pitance ou être soutenu par l’état (tjrs un état d’esclavage).
        Mais face à ces enfants qui exigent une approche différente ns ns rendons enfin compte que ce système est obsolète et qu’il va falloir le remplacer par un système ouvert et adapté aux besoins de chaque individu et non plus en étant assis devant un tableau à répéter insensément les mêmes idioties.
        Il y a tellement à créer dans ce domaine, la Finlande est un bel exemple de comment transformer ce système mais il y en a d’autres comme Scola Nueva et certaines tentatives en Hollande. La France y arrivera bien aussi un jour mais ce sera grâce aux efforts des parents et particuliers, il ne faut rien attendre du gvt dans ce domaine car les politiciens ne nous apportent aucune idée géniale.
        Pour cela il faut nous tourner vers nos enfants autistes 🙂

  • 27/02/2017 à 20:48
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    Bonjour. En tant qu’orthophoniste, je me sens concernée par votre appel. J’ai envie de répondre que les professionnels sont là. Lorsqu’un patient frappe à notre porte (si nous arrivons à lui trouver une place dans notre agenda – l’étape demandant le plus de patience cependant) il est de notre devoir de trouver les bonnes méthodes, les objectifs de notre travail avec lui en fonction de son âge et des obstacles qu’il traverse dans sa vie. Alors oui nous ne pouvons pas être formées pour toutes les demandes mais je reste toujours sincère avec les familles en leur disant que j’apprends aussi avec elle et bien sûr certaines ne seront pas à l’aise de ma sincérité quant à mon manque de formation qui se fait en permanence sur différents sujets.
    ça c’est ce que dans l’idéal absolu il devrait se passer, mais la réalité me semble tout autre. En tant que professionnel de santé je m’interroge aussi. Que se passe-t-il en France pour que nos enfants, nos adolescents soient si peu (mal) pris en charge ? Pourquoi sommes nous si peu formées aux nouvelles méthodes (pas si nouvelles me direz vous mais très peu utilisées) qui ont fait leur preuve? Je serais très intéressée de vous rencontrer ou d’échanger avec vous. Dans un futur plus ou moins proche, j’aimerais créer une association pour aider, orienter, soulager les enfants et leurs familles, avec mon regard d’orthophoniste. Courage à vous et à Petit Prince qui devient Grand. Léa

    Réponse
    • 09/03/2017 à 15:49
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      Merci de votre témoignage en tant que professionnel, Léa. Je suis à votre disposition si vous souhaitez en discuter.

      Réponse
  • 28/02/2017 à 08:02
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    Il est vrai qu on.parle souvent d enfants et d adultes autistes mais en.ce qui concerne l autiste ado bah….on.a l.impression.qu il.n.existe pas C est deja un.passage compliquer avec un.neurotypique l adolescence alors avec un.autiste c est le mystere et cela doit surement faire peur Armand mon.fils a 7ans il.est integre dans une structure ABA depuis deux ans ses progres sont fulgurant encore 4/5 ans dans cette structure …..oui mais apres ….on ne sait pas rien.n est mis en.place en France pour les autistes ado.avec des srructures adaptees il.a deja ete pris en.charge a la maison.avec une psy ABA pendant un.an ca ete tres difficile pour nous nous ne sonmes pas des professionnels alors avec l.espoir que les choses avancent nous vivons a 100% pour notre fils

    Réponse
  • 28/02/2017 à 18:41
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    BOUGES TOI FRANCE , t es à la ramasse ,,,,

    Réponse
  • 28/02/2017 à 22:40
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    Bonjour,
    C’est tellement ça, ce que vous décrivez. Vous avez les mots justes. Et vous semblez si forte, et démunie à la fois…
    Je suis la maman d’une jeune fille Asperger de 20 ans. Elle est restée dans le milieu scolaire ordinaire tout au long de sa scolarité. Elle n’a été diagnostiquée qu’à 16 ans. Le lycée fut très dur, stressant. Elle ne pouvait plus « bluffer », jouer la normalité. Il y a eu un trop plein.
    Elle n’a jamais eu de suivi particulier. J’ai dû voir deux fois une psychomotricienne quand elle avait 4 ans. Et comme elle était grande prématurée, il fallait attendre. Tout finirait par arriver.
    Elle a été suivie en CAMPS à partir du collège. Et là, le mot dyspraxie a permis la mise en place d’un PPS au collège.
    Mais jamais personne ne parlait d’autisme.
    Je crois que tant qu’elle tenait le coup, et avançait tant que bien que mal, ça permettait de la maintenir dans le cursus scolaire normal.
    Elle a eu son bac scientifique il y a deux ans.
    Elle a tenté la FAC mais a abandonné car trop peu d’aménagement pour son type d’handicap. Elle était stressée. Mal.
    Sa prédisposition, c’est l’informatique.
    Elle apprend seule, elle est super douée.
    Elle s’oriente vers un métier de modeleur, développeur.
    Elle a des liens avec des sîtes américains. Des opportunités arrivent.
    Elle a le temps. Elle améliore sa rapidité d’éxécution avant de se lancer vraiment.
    Mon mari et moi avons été parents, psys à tour de rôle…
    J’ai servi de bouclier, souvent…
    On a bouleversé notre vie avec nos trois filles pour qu’elle ait un quotidien adapté à son mode de vie (sorties, rituels, rangement dans la maison, vêtements faciles à enfiler, chaussures à scratch… rapports avec la famille… etc)
    J’ai arrêté mon travail pour devenir assistante maternelle agréée… quand elle avait deux ans…
    Nous traçons notre route un peu dans notre bulle mais nous avons confiance… on est super heureux comme ça…
    Personne ne peut nous rassurer et nous assurer un avenir pour notre fille… on le sait… on a digéré cet état de fait…
    Elle ne veut pas de petit ami.
    Ca ne l’intéresse pas.
    Elle vit avec nous et nous ne projetons rien…. nous aimons la savoir là…
    De toute façon, même si elle prenait un studio dans la rue d’en face, ça serait une complication financière vu le montant de l’AAH… des allées et venues pour nous pour savoir si elle va bien, si elle se débrouille… des soucis… et un tel manque de ne pas la voir!!!
    Non, on va lui faire un « chez elle » chez nous…
    De toute façon, on marche sur des oeufs…
    On vit au jour le jour…
    Et le mieux c’est que le présent soit positif… qu’elle évolue encore… car c’est l’autonomie dans un petit chez « elle  » à la maison qu’elle doit acquérir maintenant (le linge, la cuisine, les courses… )… on pouvait pas tout lui apprendre avant. On voulait qu’elle ait ce fichu BAC… et ça lui prenait toute son énergie… sa bonne volonté…
    Si on pense trop à demain, on dort plus… on a peur…
    Et moi ça fait 20 ans que j’ai la boule au ventre et j’en ai marre…
    J’ai enfin compris, avec mon mari, que c’était comme ça… et pas autrement…
    On le déplore…
    Mais on ne peut pas attendre que notre pays prenne conscience de sa pauvreté en matière de prise en charge de l’autisme… on espère que ça viendra… pour les plus jeunes… il le faut…
    Je sais que c’est dur. Je suis à 100% d’accord avec vous…
    Ne lâchez rien.
    Je vous envoie toute mon affection.

    Réponse
    • 01/03/2017 à 20:00
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      Je vous admire Véronique, vous avez compris que votre fille se développe en son temps et que ce que l’école peut lui apporter ne répond pas nécessairement à ses intérêts, ce qui est d’ailleurs très valable pour tous les autres enfants dits neurotypiques car l’éducation aujourd’hui se révèle obsolète pour tous.
      Par contre votre fille n’est nullement handicappée, essayez de la voir comme qq’1 qui se développe à son propre rythme et qui vous apporte d’importants messages dans la vie car ces enfants nous apprennent entre autres à placer la vie dans d’autres perspectives que celles qui dirigent le monde: études (pour nous apprendre à nous conformer et à devenir de bons petits esclaves), boulot mm si c pas ce qu’on désire faire particulièrement, et encore plus important l’argent: se donner à fond toute une vie pour arriver tout juste à tenir la tête hors de l’eau financièrement dans l’espoir d’arriver un jour à la retraite lorsque nous serons âgés assez que pour ne plus toujours pouvoir jouir de la vie.
      Les autistes eux n’ont aucune compréhension de ce système abérant que l’humain a créé car ce ne sont pas des conformistes loin de là.
      Je côtoye des jeunes autistes, des ados et des adultes dans ma vie quotidienne; leur vie est certes difficile mais ils trouvent tous un chemin pour les aider à naviguer notre monde insensé qui ne répond nullement à leurs besoins ni à leurs intérêts.
      Je pense sincèrement que c à nous à nous débrouiller comme vous le faites avec votre fille, quitte à créer de nouvelles formes d’enseignement pour répondre à leurs besoins, ce qui se fait déjà aux E-U. et de ne plus compter sur l’état en déroute pour aider mais de s’associer et de prendre les choses en main.

      Réponse
    • 09/03/2017 à 16:01
      Permalink

      Merci beaucoup de votre témoignage Véronique. Tout ce que vous avez accompli semble vraiment avoir porté ses fruits. Vous tenez compte des particularités de votre fille pour la faire avancer, et elle avance ! Moi j’aimerais tellement que mon fils puisse se dire qu’il aime telle ou telle chose, pour l’aider à l’orienter vers une formation ou un métier qui lui plaise…peut-être est-il trop tôt.
      Courage…

      Réponse
  • 01/03/2017 à 19:50
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    Bonsoir,
    Pour aider mon fils ado pour ses devoirs à la maison j’ai souvent fait appel à des étudiants ouverts sur l’autisme pour l’aider à acquérir une méthode de travail.
    Cela peut être une piste pour vous.
    Bon courage

    Réponse
  • 01/03/2017 à 21:46
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    Bonjour Myriam,
    Merci pour votre gentil message, si plein de bons mots.
    Vous avez entièrement raison. Ce monde n’est pas adapté pour des personnes comme ma fille. Il ne les comprend pas. Il ne les inclut. C’est donc à nous, parents, de nous adapter. De rentrer dans leur bulle. Et du coup, vous avez raison, son « handicap » n’existe pas dans notre sphère familiale. Il est juste présent quand nous sommes confrontés aux autres… aux questions habituelles « Que fait-elle de ses journées? Travaille t-elle? etc… »… c’est d’ailleurs la chose avec laquelle j’ai beaucoup bataillé lors de son adolescence. Je devais sans cesse me justifier, de la laisser être elle-même. Mais depuis quelques années. Je m’en fiche complètement. Je ne me justifie plus!
    Ma fille est probablement la personne la plus « vraie » que je connaisse. Et sa naissance a bouleversé notre chemin si bien tracé. J’ai tendance à dire que si c’était à refaire, je ne voudrais rien changer. Sauf les souffrances qu’elle a enduré…
    Et je le pense sincèrement. Notre vie s’est enrichie avec elle.
    Elle va à son rythme, vous avez raison, c’est pour moi le plus important. Nous avons vite compris au fil des années, en analysant les choses contre lesquelles elle se heurtait… là où nous devions insister, ou pas. Et nous avons évolué comme ça. Elle nous disait « Là, ok, je gère cette journée scolaire, par contre ce soir, je veux me détendre devant mon ordi. »… on respectait, toujours. On savait que nos loisirs, sorties, on les ferait avec elle, mais à des moments où elle n’avait pas eu sa dose de « normalité » à remplir. On a toujours fonctionné comme ça. Hors de question de la contraindre à des repas familiaux interminables non plus… elle a toujours été partout avec nous, mais elle a toujours eu son libre arbitre… de se lever, de s’isoler…
    Aujourd’hui, elle est bien dans sa tête. Elle envisage de travailler dans les jeux vidéos. Elle y arrivera. Ce sera en freelance, depuis la maison. On a commencé à lui aménager tout comme elle aime… Elle fera comme elle veut. Dans quelques années… pour le moment, elle prend confiance.
    Si on avait voulu forcer les choses, la contraindre, se plier à une éducation standard… jamais nous n’en serions là aujourd’hui….
    Merci encore pour vos encouragements.

    Réponse
    • 02/03/2017 à 13:32
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      bonjour , que j’aimerai être comme vous Véronique ,et lâcher prise ,mais comment faire avec cette société qui nous imposes la normalité tous les jours .Mon fils Logan va avoir 15 ans ,il est en troisième et pour lui l’école est un stress permanent, surtout cette année entre le brevet et les questions d’orientation ,lui qui ne sait même pas ce qu’il fera demain ,il est entrain de s’effondrer au niveau des notes et psychologiquement ,et donc on me dit de lui trouver un bac pro ,super!!
      ou vais -je le mettre l’année prochaine? personne pour nous aider ,aucune prise en charge pour un ado autiste qui a été diagnostiqué il y a ,à peine 2 ans .C’est sur on doit avoir les reins solide ,pour nos enfants.
      courage à tous

      Réponse
      • 02/03/2017 à 22:12
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        Gabriel Sophie: peut-être le moment est-il venu de lui demander ce que lui aimerait faire dans sa vie? Et de l’orienter vers ce qu’il désire plutôt que de le laisser stresser à suivre un chemin qui ne le mènera nulle part? Certains autistes sont capables de suivre des cours réguliers, d’autres non. Et en effet il n’y a rien d’autre à proposer dans ces cas-là. Comme je l’ai dit plus haut le moment est arrivé pour les parents d’agir et de prendre les choses en main. Vous pourriez être très heureusement surpris de la tournure des choses une fois que votre enfant aura décidé de suivre son chemin et étudier ce qu’il aime vraiment. Il ne sera pas le seul ni le premier dans le monde, peut-être en France mais si on doit attendre la France on risque d’attendre encore au moins 40 ans.
        Bon courage à vous, il suffit d’oser, votre enfant vous en sera probablement très reconnaissant.

      • 09/03/2017 à 16:05
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        Alors le bac pro, ce n’est vraiment pas plus « facile » qu’un bac général ! Franchement, les profs disent ça pour se débarrasser de nos gamins, mais en fin de compte, faire quelque chose qui ne les intéresse pas ne va pas les aider à mieux s’intégrer dans la société ni de se sentir mieux au lycée… Je suis en train d’écrire un article sur comment ça se passe en 2nde pour mon fils, parce qu’il est en 2nde générale et que des aménagement ont été faits pour lui. Comme quoi, ça peut exister et ça peut aussi bien se passe si tout le monde s’y met.
        Courage…

    • 14/03/2017 à 16:34
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      Réponse à Véronique (le système insiste pour répondre à Kash): ces enfants ont des perspectives sur le monde qui les entoure totalement différentes des nôtres. Perso je pense qu’ils naissent dans nos familles pour nous guider vers un autre avenir car soyons honnêtes: le monde tel que nous le connaissons est en train de basculer et nous allons bien avoir besoin de nouveaux horizons pour créer qq chose de tout nouveau. Et qui peut nous aider le mieux dans cette tâche sinon les autistes, eux qui ‘voient’ au-delà? Ils nous disent qu’ils sont l’éducation, la technologie, la médecine et la science du futur et je suis convaincue que c’est la vérité mais l’humain a besoin de temps pour arriver à le comprendre.
      Ils sont ici pour transformer notre vie, élargir nos perspectives et nous préparer à une vie pleine de nouvelles valeurs.
      Vous êtes un exemple de cette transformation Véronique, on ne peut que vous admirer.

      Réponse
  • 05/03/2017 à 22:02
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    Bonjour Gabriel Sophie, Je sais combien c’est difficile. L’année de troisième fut stressante aussi pour ma fille… il y a eu des hauts et des bas au niveau des résultats scolaires. Souvent. Je ne me rappelle pas avoir eu idée de ce qu’elle voulait faire plus tard avant l’année dernière.Elle ne savait pas… vers où s’orienter… Ma fille n’aime pas se projeter. Ca lui fait peur. Elle dit que même si elle voulait avoir des projets, elle n’y arrive pas, y a rien dans sa tête. J’ai donc avancé au jour le jour, tout le temps. L’année du Bac fut très dure. Elle était épuisée. Mais elle ne le montrait pas. Elle l’a eu ce fichu bac. Mais à la repêche. Suite à un refus de prendre en compte son handicap pour l’épreuve de maths… (elle avait un PPS pourtant, une histoire de fou encore…)
    Je n’ai pas le souvenir d’avoir passé une année sereine et sans être son bouclier depuis sa naissance. Je suis montée au créneau tout le temps. J’ai été sa voix. Je le suis encore si il le faut. Mais depuis qu’elle n’est plus scolarisée, je m’accorde une sacrée tranquilité d’esprit. Je ne sais pas si elle pourra vivre de sa prédisposition… elle le souhaite en tout cas… mais depuis la maison. En freelance. Ca prendra le temps qu’il faut. Elle honorera les contrats qu’elle veut. Peu importe. Nous voulons juste qu’elle aille à son rythme et on verra les opportunités que ça donne… ma priorité, c’est son épanouissement.
    Votre fils bénéficie t-il d’un PPS? (plan personnalisé scolaire)…. Est-il encouragé par l’équipe éducative?
    Ma fille était dispensée de sport, complètement, à partir du lycée. Elle subissait trop de mauvais traitements de la part des autres, vu sa lenteur. Et son manque d’endurance.
    Si je peux vous donner un conseil, mettez en place ce que vous jugez bon pour votre fils. Pour qu’il aille mieux en cours. Vous devez savoir ce qui est dur pour lui (écrire vite, être interrogé devant tout le monde, etc…)
    Faites vous aider par l’équipe médicale qui le suit (CMP, psy…)… qui vous donneront les certificats médicaux suffisants pour mettre en place un PPS.
    Le bac pro n’est pas forçément la solution, surtout si vous savez qu’il peut suivre une filière normale.
    Ce qu’il faut, c’est un aménagement. Si il est trop fatigué, prise des cours par ordi…
    Dispense de sport…
    Rentre t-il manger le midi?
    Ma fille rentrait le plus possible, en bus.
    J’avais obtenu, grâce aux réunions prévues pour la mise en place du PPS en début d’année scolaire, que ma fille ne travaille jamais en binôme sur des exercices, en groupe pour les exposés… elle avait trop peur des ses camarades de classe (il faut dire que certains ne la loupaient pas et je ne me suis pas retenue de dire aux réunions ce qu’elle subissait en jurons et bousculades)… pour les interrogations orales en cours, le professeur savait qu’elle ne montait pas sur l’estrade devant toute la classe… elle était interrogée seule en fin de cours… rien qu’avec le prof…
    Toutes ces petites choses ont permis une meilleure gestion de son travail… en classe… et qu’elle n’aille pas au collège ou au lycée avec la boule aux ventres…
    J’espère que ces petits trucs que nous avons traversé avec ma fille, vous aideront…
    Je vous envoie mon amitié… courage…

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  • 13/03/2017 à 17:06
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    L esdentiel des professionnels des adolescents autistes travaillent dans les Impro. Avec le projet global d’accompagnement il pourra prochainement y avoir des interventions ponctuelles à domicile avec une notification MDPH.

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