Mon fils autiste est scolarisé en milieu ordinaire depuis 13 ans. Et il va bien.

Autisme et scolarité : bilan

Mon fils est autiste. Diagnostiqué en moyenne section, il a bénéficié d’une AVS dès la grande section. Il entre aujourd’hui au lycée. Retour sur 13 années de scolarité en milieu ordinaire.

A l’heure où je vous parle, des milliers d’élèves autistes ne sont pas en classe. Pourquoi ? Faute d’AVS et/ou parce que la direction de l’établissement n’en veut pas et/ou parce que la CDAPH a estimé qu’ils seraient mieux dans un HDJ/CAMPS etc..  On trouve toujours de mauvaises raisons pour laisser ces enfants à la porte.

Et bien je vais vous donner de bonnes raisons pour les mettre en école ordinaire.

Voilà 13 ans que mon fils va à l’école, comme tous les autres gamins de son âge. Il vient d’entrer en 2nde générale, dans un lycée lambda. Au milieu des autres. Comme tous les autres. Il n’aura pas d’AVS cette année, pour la première fois depuis la grande section de maternelle. Et il en est super content.

Il est temps d’ouvrir les yeux sur ces enfants que l’on classe un peu trop tôt dans la case « A problème » et qui peuvent révéler un potentiel incroyable.

En petite section, mon fils ne parlait pas. Il n’entrait pas en communication avec les autres enfants. Il jouait seul. Il savait visiblement lire et compter, faisait des puzzles mieux que personne mais était incapable de jouer à chat dans la cour. Chaque matin, le laisser était une épreuve. Dans la rue, avant d’arriver, il hurlait, se jetait par terre, se roulait. Les ATSEM m’avait dit de ne pas m’inquiéter : une fois partie, il se calmait vite. C’était ce moment de séparation et l’arrivée dans un univers fourmillant de stimuli qui étaient durs à gérer pour lui et me brisait le coeur. C’est à ce moment là qu’il a commencé à dire « Non, non , non… » parce qu’il ne voulait pas aller à l’école.

En fin de moyenne section, le diagnostic est tombé : autisme. Il était suivi déjà par une super orthophoniste qui m’avait orienté sur cette piste, alors je n’étais pas complètement surprise, plutôt soulagée. A la fin de l’année, la directrice a demandé qu’on mette en place une AVS pour la grande section et ça a été fait.

Mais ce que je ne comprends pas, c’est que pas une seule fois de toute sa scolarité, mon fils n’a eu d’AVS a plein temps.je veux dire, pensez-vous qu’il soit autiste 12 heures pas semaine ? Et le reste du temps, que se passe-t-il ? 

Bref en grande section, une AVS était là le matin. L’après-midi, il avait souvent des crises d’angoisse et se mettait à tourner en rond dans toute la classe. Mais il a fini sa scolarité normalement.

Alors je remercie du fond du coeur Mme Pagès, l’ancienne directrice de l’école maternelle Lakanal de Toulouse d’avoir rendu sa scolarité possible, avec les enseignants et les ATSEM parce que grâce à ces personnes, moi, j’y ai cru, que mon fils pouvait rester en milieu ordinaire. Malgré les difficultés, les crises, les doutes, les moqueries et la discrimination des ses camarades (oui, oui, même à cet âge là ). Merci.

Et puis à l’élémentaire, on a changé d’école, pour se rapprocher de mon domicile. Vu que le protocole de l’AVS avait été lancé, il allait de soi que mon fils aurait encore une AVS à la rentrée, tant mieux. Mais c’est là que la valse des AVS a commencé : jamais la même tous les ans, jamais présente le jour de la rentrée, il a fallu attendre parfois le mois de novembre pour en avoir une.

Là encore, je ne comprends pas : on sait parfaitement bien que les autistes ont besoin de stabilité, de continuité dans la relation avec les personnes, particulièrement dans ce milieu déstabilisant qu’est l’école. On sait parfaitement bien qu’il faut absolument qu’ils aient un(e) AVS le jour de la rentrée. Comment se fait-il , COMMENT SE FAIT-IL, que cela ne se passe quasiment JAMAIS comme cela ? Pourquoi les mêmes AVS ne sont pas reconduit(e)s aux mêmes élèves d’une année sur l’autre systématiquement ? Pourquoi ne sont-elles/ils pas avec leur élève le jour de la rentrée ? 

En primaire, ça a été très compliqué, du fait qu’il n’y ait pas l’AVS tout le temps, qu’il y ait beaucoup de monde, qu’il ne parle presque pas. Il n’avait pas d’amis, ne jouait pas avec les autres. Ca a été dur pour lui. Vraiment. A tel point que tous les 3 mois je me demandais si je n’allais pas tout plaquer (je travaillais en entreprise, à l’époque) pour le retirer de l’école et le garder à la maison. Il avait des crises d’angoisse terribles quand il rentrait, j’étais convoquée toutes les semaines, et j’ai dû le changer d’établissement en CM1. Car oui, vous le voyez bien, malgré tout, mon fils a passé de classe en classe. Oh, il n’était pas le meilleur, c’est sûr, loin de là même, mais je m’en fichais : si j’ai laissé mon fils à l’école en serrant les dents, c’est parce que j’étais convaincue que là-bas, il allait apprendre la vie.

Je n’ai jamais considéré que mon fils resterait enfant toute sa vie. Bien conscient qu’un jour il deviendrait adulte, je me suis toujours dit qu’il valait mieux le confronter le plus tôt possible à la réalité de la vie et donc de faire face aux cons, aux méchants, aux faux-amis, aux hypocrites, aux filles, aux audacieux, aux rigolos, aux différents qu’il allait rencontrer dans la cour d’école.

Alors il est resté en milieu ordinaire, dans la même classe que les autres.

Son année de 6ème a été horrible. Pourtant j’avais choisi un tout petit collège, mais malgré une AVS au top et une équipe de direction très à l’écoute, le drame est arrivé : il s’est fait agresser par 4 camarades dans les vestiaires.

Il a été courageux. Vraiment. Cet épisode douloureux nous a incité à déménager et à partir à la campagne, loin de la violence urbaine. Et là… dès la rentrée de 5ème, on a vu un changement complet de mon fils : il s’est ouvert, a commencé à avoir des copains, à se faire inviter aux anniversaires. Il s’est épanoui. Alors évidemment, au niveau des notes, ça n’a pas suivi. Mais il a donné son maximum. Et enfin, de la 5ème jusqu’à la 3ème, il a gardé la même AVS, et ça, c’est important, vraiment.

Et vous savez quoi ? Mon gamin, celui qui se faisait cracher dessus en CE1, il a eu son brevet avec mention en juin dernier. Quand je pense qu’on voulait presque ne pas le faire rentrer au lycée, parce que les profs pensaient qu’il n’y arriverait jamais..

Jeudi dernier, mon fils est rentré en 2nde générale. Il s’est déjà fait un pote dans sa classe, ils ont échangé leurs numéros de téléphone. Il a une notification d’AVS jusqu’en octobre mais vous pensez bien que personne n’est venu à la rentrée, et de toute façon, mon fils ne veut plus d’AVS. Et je crois aussi qu’il peut s’en sortir seul. Et non, il ne fera pas une brillante scolarité, mais je m’en fous : je suis sûre qu’il aura son bac, et je suis sûre qu’il fera de belles études et surtout qu’il sera heureux.

Tout ce chemin parcouru est une réussite, parsemée de moments terribles, mais ma conclusion est que sans l’école, mon fils n’en serait pas là aujourd’hui. C’est une certitude.

Quand je vois que des écoles ferment leur porte à des enfants autistes ou porteurs de handicap parce qu’ils n’ont pas d’AVS, je suis écoeurée. On empêche des futurs Jamel Debbouze, Gilbert Montagné, Gregory Cuilleron, Sophie Vouzellaud, Mimie Mathy d’être des élèves comme les autres. Et en France comme ailleurs, c’est inacceptable. Les autistes ne sont pas des citoyens de seconde zone. Ils ont le droit de vote, ne l’oubliez pas.

Aujourd’hui il me parait indispensable de faciliter la scolarisation des élèves autistes : avec un(e) AVS présent dès la rentrée et reconduit d’année en année, à temps plein, pour que l’élève bénéficie de son aide en permanence, pour faciliter son intégration avec les autres. Nous, parents, avons besoin du soutien du ministère de l’Education, parce que la réussite des nos enfants est aussi le symbole de la réussite de la France.

29 réflexions sur “ Mon fils autiste est scolarisé en milieu ordinaire depuis 13 ans. Et il va bien. ”

    • 26/05/2018 à 22:56
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      Je suis enseignante et maternelle et je cherche vraiment à m’informer et faire au mieux pour accueillir tous les élèves. Je suis sur votre site ce soir parce que je cherche des solutions… en vain. Comment faire toute seule face à la démission de notre gouvernement. C’est bien gentil de vouloir scolariser tout le monde mais que faire dans la classe quand on a aucune aide!
      Alors oui, on demande parfois aux parents une scolarisation partielle pour pouvoir faire classe avec les 29 autres.
      Je viens d’accueillir un élève que me semble présenter des troubles du spectre autistique. Je ne suis pas médecin mais avec l’expérience et l’avis de la psy scolaire je vois bien que quelque chose ne va pas. Les parents ne veulent rien entendre malgré mes invitations à demander un avis médical. Et moi, qu’est ce que je fais seule, dans ma classe. J’ai les autres parents qui s’interrogent, qui se plaignent de la violence de ce petit bonhomme qui arrache des poignées de cheveux aux autres élèves…
      Rien n’est tout noir ou tout blanc. Les enseignants et les écoles n’ont pas d’aide. Oui il y a des parents désoeuvrés, je sais et j’ai beaucoup d’empathie pour eux. Mais nous sommes tout autant désoeuvrés et sommes pris en etau entre les familles et l’institution qui ferme les yeux. C’est trop facile de demander aux enseignants de scolariser tous les élèves sans aide. Aujourd’hui il faut 6 mois pour qu’un dossier MDPH soit traité et 6 mois à 1 an pour qu une AVS soit attribuée. Que doit faire l’enseignant, l’école entre temps???? Et avec les parents qui font un déni?
      Nous n’avons aucun moyen.
      Et je rentre le soir avec une boule au ventre. Avec l’image de cette maman qui me dit non, les larmes aux yeux… que son fils ne peut pas être « fiché  » handicapé. Elle a espoir qu il devienne « normal »….

      Ne soyez pas trop sévère avec les équipes enseignantes. Nous essayons sincèrement de faire notre travail au mieux avec le peu de moyen que nous avons.

      Julie.

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      • 01/06/2018 à 07:56
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        Je crois que vous devriez relire mon article… je remercie les équipes de direction et les enseignants qui ont fait en sorte de rendre tout cela possible pour mon fils.

  • 06/09/2016 à 15:37
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    Idem pour le mien qui entre en seconde générale mais toujours avec 21h d’AVS par semaine. Il en a besoin ne serait-ce que pour noter à sa place les devoirs les consignes car il est très vite dépassé. Et il fatigue vite aussi dans la journée.
    Je me suis battue aussi et comme votre fils il a été bousculé en primaire et mis de côté.
    Cette année comme demandé il est avec son pote (depuis la 5ème) dans la même classe,et a la même AVS qu’en 3ème, youpi !!!
    Il mange toujours tout seul à la cantine, mais c’est son choix, il n’aime pas ‘faire la conversation’ … 🙂

    Je suis 100% d’accord avec vous, le milieu scolaire ordinaire est très bien. Il progresse d’année en année.

    A bientôt, je vous suis 🙂
    Magali (AUBAGNE-13).

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  • 06/09/2016 à 15:52
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    Petite précision : Il a été diagnostiqué à 11 ans, donc depuis 4 ans seulement. C’est moi qui avais trouvé la définition du mot ‘asperger’ sur google… Et j’avais couru au CRA de Marseille où le diagnostic avait été posé rapidement.
    Après 9 ans d’errance médicale où la conclusion était toujours la même : c’est la faute de la maman… 🙁

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    • 06/09/2016 à 16:38
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      Aaaaahhh, la mère … ben oui, c’est si pratique quand on ne trouve pas d’autre solution…
      En tout cas bravo d’avoir tenu si longtemps sans diagnostic, et bravo pour votre fils, je lui souhaite une très belle année scolaire !

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      • 06/09/2016 à 16:44
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        Merci à vous aussi ! Bonne année scolaire sans AVS !!!
        Peut-être que le mien d’ici le bac il n’en aura plus besoin aussi. 🙂

  • 06/09/2016 à 21:00
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    Votre récit donne beaucoup d’espoir nous ne savons pas se que l’avenir nous réserve mais on peut se dire que tout est possible. Merci

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  • 06/09/2016 à 22:49
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    Il faut garder espoir et surtout faire confiance à son enfant ! Mon fils a obtenu son Bac S et vient de faire son entrée en université ! il n’a jamais eu d’ AVS; c’est un chemin de croix pour les parents mais quelle récompense !
    ne pas oublier de faire les aménagements pour les examens, 1/3 temps, utilisation ordinateur, possibilité de secrétaire …. les dossiers à monter sont fastidieux mais cela vaut le coup.

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  • 07/09/2016 à 13:56
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    Ah cette culpabilisation des parents. Une honte, et dans mon cas venant directement d’une pédiatre, pourtant renommée. Pour nous cela avait pris la forme de « la maman n’a rien voulue voir » . Faux. On a juste choisi de patienter jusqu’à l’école et de laisser passer à notre fils un été tranquille plutôt que de s’exciter dès les dernières semaines de crèche. Ensuite les choses ce sont mise en place comme il faut avec les enseignantes.
    Et pourquoi aurions nous courus les divers spécialistes (psychiatrie, pédiatrie, psychomotricienne, ORL, osthéopathie…) sinon pour tenter de comprendre et d’aider notre fils à aller mieux ?

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  • 07/09/2016 à 14:06
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    Bonne rentrée à vos enfants, avec, je le souhaite, beaucoup d’épanouissement à la clef

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  • 07/09/2016 à 14:12
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    C’est un beau témoignage que vous livrez, merci de le partager ! Quel dommage que le parcours soit si semé d’embûches… mais vous pouvez être fière du chemin parcouru 🙂

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  • 07/09/2016 à 14:41
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    Dans mon cas personne n’a rien compris : ni les pedo-psychiatres, ni l’orthophoniste, ni les psychologues scolaires, ni le CMP, ni le CMPP…etc Ca a été une errance médicale de l’âge de 3 ans à 11 ans.
    Merci Google !!! C’est là que tout s’est éclairé pour moi et pour lui !!! 🙂

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  • 07/09/2016 à 21:23
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    je ne suis pas dans ton cas mais je partage ton article pour que les choses changent positivement pour tous les enfants autistes et qui ont d’autre handicap nous sommes en 2016 et j’ai l’impression que tout n’évolue pas comme ça devrait…

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  • 08/09/2016 à 14:26
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    mon Evan est entré en 6ème au collège en ULIS et pour l’instant, cela a l’air de lui plaire. je voudrais juste poser une question : le jeudi, il termine à 15h30 et moi je ne peux pas y être avant 16h30. Le laisseriez-vous aller seul à la maison ; on habite 2 rues au-dessus. il doit traverser 2 fois avec feux de signalisation. merci pour votre réponse

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  • 09/09/2016 à 15:25
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    OUAHH tu peux etre fiere de ton fiston !! meme parcours que le mien , AVS depuis la grande section et maintenant cette année en 1ERE S avec science de l ingenieur en specialité et tu sais quoi j y crois !!! enfin on verra bien …..
    par contre toujours une AVS à temps plein pour la prise de note obligée . le tien n en a pas besoin pour ce coté la ?
    et tu as raison de dire qu il aura son BAC , moi je pense pareil pour mon fiston !!
    bon continuation pour le petit prince

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  • 27/09/2016 à 08:56
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    j’ai lu avec intérêt votre blog. Nommer « camarades » 4 agresseurs je pense de le terme est inapproprié.
    En tout cas c’est un bel exemple de réussite. Mes enfants ne sont pas autistes mais il n’empêche que dès l’entrée en 6° il y a eu des problèmes « d’agression » mais juste une fois (ayant réglé moi même le problème) le collège étant bien incapable.
    Quant aux AVS vous avez mille fois raison, mais lorsque l’on sait qu’il manque des profs dès la rentrée, comment voulez vous qu’un politicien pense aux enfants « différents ».
    Il existe certainement un problème de communication entre les parents, je suis dans une association locale de parents d’élève, et nous n’avons que très peu de parents dans nos assemblées.
    on nous cache les personnes différentes alors qu’au contraire elles devraient être ‘normales ». Lorsque vous voyez Mimie Mathy à la télé,voyez vous encore sa différence ? vous voyez une actrice.
    Il en est de même avec les enfants autistes, il faut comme le votre les scolariser et expliquer le handicapes aux autres élèves. Il y a forcément quelques idiot (e)s mais il y a aussi de la compassion de la part de la majorité des enfants. Vous constatez le même état d’esprit avec certains adultes.
    Un enfant ne peut pas comprendre le handicape si on ne lui explique pas.
    Il me semble que les parents ayant un enfant handicapé se renferme sur eux.

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  • 27/09/2016 à 22:12
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    Bonsoir à tous

    Quel message d’espoir !

    Je peine même à y croire tant les discours et les personnes autour de nous sont défaitistes…

    Si seulement, nos enfants EXTRA ordinaires pouvaient être considérés à leur juste valeur…ce serait déjà un pas énorme !

    J’ai réalisé que leurs capacités d’adaptation étaient en tout cas bien meilleures que celles de ces fameux « neuro typiques « …

    Courage à tous

    Une maman d’enfant autiste de 5 ans

    Réponse
  • 27/09/2016 à 23:29
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    Bonjour,
    Et bien non, désolé de vous contredire, et d’aller à l’encontre de ce concert de fierté de parents d’autistes pouvant s’insérer, mais TOUS les enfants autistes ne peuvent aller en milieu scolaire ordinaire.
    Chaque parent, et c’est normal, voit principalement son cas personnel, et il est souvent très difficile d’avoir une vision globale, comme dans de nombreux autres domaines.
    Ma fille autiste a 26 ans; elle a été diagnostiquée à 9 ans. Nous sommes passés, moi et surtout mon épouse par toutes les épreuves de culpabilisation et d’humiliation que l’on peut imaginer. A ce jour, ma fille ne peut assumer aucune tâche de la vie quotidienne correctement (se laver, aller aux toilettes, même manger proprement parfois). Elle ne lit pas, n’écrit pas, ne parle pas (10 à 15 mots de vocabulaire). Quand elle fait un coloriage que l’on donne aux enfants en maternelle, sans trop déborder, nous sommes émerveillés, et émus aux larmes, à 26 ans …
    Et pourtant, c’est une enfant, une femme maintenant, merveilleuse et aimante. Heureusement, elle déborde d’affection et arrive à nous l’exprimer. C’est déjà beaucoup.
    Alors voilà, je suis content pour tous ces enfants autistes qui peuvent vivre une vie normale ou presque, je suis heureux pour leurs parents, mais ne pensez pas que tous les autistes sont tels que ceux qui sont décrits ici. Car si j’écris ici, c’est que je n’ai vu que des témoignages convergents et similaires. Pensez aussi aux autres, qui vivent tant bien que mal, tout en étant conscients de leurs difficultés et de leur « différence », comme je pense que c’est le cas pour ma fille.

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    • 28/08/2017 à 13:03
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      malheureusement je suis entièrement d accord ,le milieu scolaire typique n est possible qu avec une minorité d enfants J ai 2 enfants TED et je ne regretterais pas la decision de les scolariser en IME en 2 ans mon grand de 9 ans a fait plus de progres que meme ces educs n auraient imagines .L envoyer en cp n aurait pas ete faisaible car cela aurait ete une souffrance pour tout le monde.

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  • 30/09/2016 à 07:51
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    Bonjour, je suis une aspie de 16 ans et je viens également d’entrer en seconde. J’ai été diagnostiquée à 15 ans dans une association après avoir découvert le syndrome d’Asperger sur Internet. Je me suis beaucoup reconnues dans votre parcours et j’ai montré votre article à ma mère. Elle a dit: »C’est dingue on dirait notre histoire ».

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    • 30/09/2016 à 09:22
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      Bonjour, JE vous conseille le livre BD « La différence invisible » de Julie Dachez. Pour vous et votre entourage, c’est extrêmement bien fait et nous retrouvons tous un peu notre histoire et notre parcours du combattant pour se faire comprendre. (Moi je suis maman et mon aspi de 15 ans est en seconde aussi, mes commentaires plus haut expliquent un peu notre chemin). Bonne continuation. 🙂
      Magali.

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  • 30/09/2016 à 23:16
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    Merci! J’avais entendu parler de ce livre je compte le lire bientôt.

    Réponse
  • Ping : J'aime pas les enfants des autres !

  • 09/11/2016 à 17:34
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    Bonsoir,

    Que ça fait du bien de lire ça !
    Petite question : comment c est passé le passage en cp? Est-ce que il a été envisagé d emblée ou est-ce que on t à parlé de maintien en grande section? J avoue que ce cap qui est pour nous en fin d année me fait un peu peur ….
    Bonne soirée à toi.

    Réponse
    • 17/11/2016 à 16:50
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      pardon, je réponds super tardivement à ton commentaire : le passage en CP n’a pas été remis en cause parce que même si effectivement ce n’était pas facile en classe, il avait les capacités pour suivre en CP. Donc il n’y a pas eu de discussion, et avec le recul, je me demande si de toute façon ils n’avaient pas envie qu’il ne reste pas en grande section une année supplémentaire… Donc bon, moi je ne recommande pas le redoublement, ça ne sert à rien en fait. L’école, les premières années, ça sert surtout à l’apprentissage de l’autre, des jeux, du social, des comportements adaptés. Les compétences scolaires, on s’en cogne un peu, enfin s’est comme ça que je le vois…

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  • 28/08/2017 à 14:20
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    Bonjour
    Ma fille à retard mental et psychomotricité
    J’habite Marseille et c’est une grosse merde pour la deuxième ville d’errance elle entame sa 4 même année en ime ou se n’est pas totalement sa place alors je vous envie par ce que côtoyer moi je me suis battue alors quand on me dit que l’éducation nationale à fait des progrès je dit que
    C’est des connerie certaines villes et école oui m’est pas l’éducation nationale ne confondez pas .

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  • 13/08/2018 à 21:02
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    bonjour, j’ai mon fils de 10 ans qui est autiste et on me l’a placé en institution et il ne s’y sent pas bien. Je veux le sortir de là pour le mettre en milieu ordinaire mais avant je veux lui faire l’ecole à la maison pour qu’il rattrape son petit retard. Vous pouvez me renseigner? merci , je tiens à savoir comment m’y prendre

    Réponse
  • 02/10/2018 à 17:20
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    Merci,
    ça bien du bien de lire des messages comme celui ci…

    Réponse

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